vendredi 30 septembre 2011

Retraite

Ma cahute est sans confort mais, du pas de porte, le silence s'étend à perte de vue

Éclats ici, échos là, y résonnent les cris dont la joie ne se prive pas

Qui obligent même les sourds à cesser de piailler.

jeudi 29 septembre 2011

Dérangement

Mon ventre noué, mes tripes écrabouillées
Barbouille et gargouillis
Chiotte ! Chiotte ! étaient leur cri.

Crawl

Ma main frappait l'eau
Trois fois, je respirais
Devant moi, des pieds battaient.

Beau temps

Ciel sans nuage, un chat.

Par soi-même

Je cherchais un maître

Hors, il n'existait pas

Dedans, la révolte grondait : "Démerde-toi !"

mardi 27 septembre 2011

Voyage

Les paysages défilaient, les aiguilles tournaient
La tristesse se levait, puissants tourbillons
Sable du désert, mon âme.

lundi 26 septembre 2011

La fête des oiseaux

Elle passe à vélo en ronchonnant. A mon niveau, elle lâche : "La fête des jardins, c'est pas la fête des oiseaux. J'te jure !" Et je l'entends pester "Ah !" encore loin dans la rue "Ah !" tandis qu'elle donne des coups de pédale rageurs. "J'te jure, ah !"

samedi 24 septembre 2011

Constat

Nos vies sont délicates.
Mais robustes.
Les vaches, bien plus robustes que nous !

Les bras m'en tombent

Va la vie

Béat, démuni

Sans prise.

Contre-temps

Tout pour me plaire

Elle passe devant moi

Je ne suis plus là.

vendredi 23 septembre 2011

Un jour

Il espérait qu'elle pose sa main sur son épaule. Jamais elle ne le faisait.

Un jour, l'envie lui vint enfin. Elle allait sauter le pas. Il n'était plus là.

Ainsi s'écrivent les histoires d'amour qui n'en sont pas.

Miroir

Dans l'intimité

Se dévoiler.

Plaire à qui ?

Sales gosses

La porte de la boulangerie est munie d'une sonnerie : dring ! à chaque fois qu'on franchit le seuil. C'est particulièrement irritant. Quand on est dans la file d'attente et qu'on se répète inlassablement la longue liste de nos prochains achats, une demi-baguette, un croissant ou un pain au chocolat, sans cesse ce dring ! dès que quelqu'un entre ou dring ! sort et dring ! il y a du monde ici, voilà de quoi agacer. Bon sang ! mais débranchez la ! entend-on râler. Raison pour laquelle, moi et d'autres, jeunes et vieux, hommes et femmes, tous facétieux, au moment de nous en aller, ralentissons nous exagérément le pas et stationnons un moment là : driiiiiiiiiiiiiiiiiiiing ! à faire enrager la boulangère et les clients. Nous sourions, c'est évident.

jeudi 22 septembre 2011

Modernité

Soif d'intensité

Impression d'exister

Sensations atrophiées.

Résonances

Depuis quelques temps, en moi, les mots résonnent bizarrement.

J'attrape des livres, Hatzfeld, Vigan, Théroux, j'en parcours les pages, je lis. Les phrases tombent comme des cailloux dans un puits. Après un instant, on entend un bruit sourd, lointain. Peut-être qu'une gerbe d'eau a éclaboussé un peu les parois. Les mots filent comme un avion dans le ciel : double bang. Je repose les livres étonné. Je marche dans la rue. Au détour d'une conversation, mon oreille attrape le mot "réparateur". Ma tête se vide. Des enfants tapent avec des barres en fer sur une poutre métallique, creuse. En voiture, je baisse la vitre. Je pense : "chaleur, chaleur". Mon esprit est un large champ, une montgolfière vient s'y poser, la nacelle cogne durement le sol, le ballon s'affale dans un long souffle bruissant.

Je n'ai aucune idée de ce que cela peut signifier. Est-ce moi la poutre, le puits, le ciel ou la terre ? Sont-ce eux les enfants, les cailloux, l'avion ou la toile ? Je regarde autour de moi : les bibliothécaires à leur table ; les fruits dans leur coupe ; la lampe sur son bureau ; le scooter à sa pétarade. L'incompréhension est forte et brutale, évidente.

Je crois : l'action est entamée : je me fais toiture pour la pluie ; tambourin pour les mains ; nitroglycérine pour la secousse. Je me transforme. Ça résonne. Étrangement.

mercredi 21 septembre 2011

Déveine

Pas très belle

Mais bien échappée

Même elle.

mardi 20 septembre 2011

Enserré

Vastes paysages qui s'étendent à perte de vue

Sans clôtures ni frontières

Aucune limite, que soi.

Imprimé

Son sourire,
Marque-page
De mes souvenirs.

lundi 19 septembre 2011

Les fleurs l'été

Le goût des fleurs

Sauvages, l'été

Écrasé de chaleur



A l'ombre cachés

D'un saule

Épaule contre épaule



Nos regards fixés

Lointains horizons

Lendemains passés



Le goût sauvage

Des fleurs l'été

A nos âges



Et les enfants

Dans la poussière

C'est tentant



Revenons en arrière

Oui cette fois

On y croit



Non, non, l'été

Avec cette chaleur

Finit toujours sous la pluie.

samedi 17 septembre 2011

Motif

Jolie petite Écossaise,

Aux doigts fins et légers,

Sur ma peau quadrillée.

vendredi 16 septembre 2011

1963

Gonflées à l'hélium les pensées s'envolent,

Filent dans les airs,

Toutes petites voix.

L'indécision

Le quai vide et sur les voies pas de train,

L'attente, seule, et le choix, incertain,

S'allonger ou se casser, et pas un chat pour nous l'enseigner.



Le vent s'est arrêté de souffler et passer dans les arbres,

Les feuilles ont cessé de bruire, les branches se détendent et reprennent forme,

Pas besoin de la lune pour se décider.

L'appel

Les lampes éclataient, la chasse d'eau fuyait, l'eau vivait de coupures en coupures, le sommeil manquait, l'argent se raréfiait, l'emploi du temps se faisait contraignant, les contrariétés foisonnaient, la solitude pesait et l'avenir s'estompait. L'obscurité gagnait. Même, il pleuvait.

Mais quand le musicien s'est mis à jouer, un air subtil et coupant, quand le jeune garçon est arrivé, avec son grain qui lui faisait plisser les yeux, tordre la bouche, renifler bruyamment et sauter d'un pied sur l'autre, il a senti une vague de tristesse s'abattre sur lui et l'envahir et la beauté du monde s'est révélée et l'amour a éclaté.

Le musicien est venu lui serrer la main et lui a donné un bonne tape sur l'épaule. Dieu a de ces déguisements parfois !

Ni ONU, ni ONG

En apparence, les petits arrangements plaintifs ou séduisants, tenaces ou fluctuants,

En vérité, les profondeurs vastes, les courants puissants et les forces mobiles,

L'esprit, un champ de bataille.

jeudi 15 septembre 2011

Encore raté

Bras tendus,

Prompt à tout saisir,

Dans le cul !

Morte saison

Sous la neige, cabane

Sur le toit, fumée

A l'intérieur, froid



Moi

Tel que.

Vieillesse

Canne au creux de la main
Trou au milieu du chemin
Plus de lendemain.

Une vie

Clarté du silence,

Eclat du son,

Vibration jusqu'au plus profond.

mercredi 14 septembre 2011

Ça avait été

Ça avait été une journée d'éclats et de frémissements, une journée d'élans réfrénés. Ça avait été une journée à aller de l'avant et revenir en arrière, une journée à tourner sur place. Ça avait été une journée toute blanche comme un drap posé sur la neige, une journée grise et noire parfois mais blanche finalement comme un voile tâché sur des yeux sans mémoire. Ça avait été une journée dont on ne se souvient pas sinon qu'elle n'était pas tellement - ni n'avait rien de - mémorable. Ça avait été une journée touchant son but, une journée réussie, donc.

L'amour

La musique et mes pieds,

Ma tête étourdie,

Mon coeur emporté.

mardi 13 septembre 2011

Un pas

J'avais décidé de tout vendre, lits, tables, chaises, étagères, livres, disques, assiettes et lampes, draps et couverts, vélo et provisions, verres, crayons, plantes et surplus de vêtements, et quitter le pays. Pour de bon, définitivement évaporé.



J'avais organisé la vente, les acheteurs venaient, mes jusqu'alors possessions, à présent leurs (bons emmerdements !), disparaissaient petit à petit.



Les lits partis, je dormais à même le sol. Sans assiettes ni verres, je mangeais au creux de ma main et buvais au goulot. Disques et livres envolés, j'écoutais les oiseaux, je contemplais le ciel. Fini les serviettes, je me lavais mais ne m'essuyais plus, m'égouttant sur le plancher. Faute de meuble pour les ranger, mes affaires traînaient par terre. Ma couverture était poussée dans un coin, roulée. Dans l'appartement, je pouvais sauter sans crainte de rien renverser, gesticuler sans rien casser. Bientôt lui aussi disparaîtrait. Je serai dehors.



Mais je partais où ?



Je ne m'étais pas interrogé. Pas une seconde, je n'y avais réfléchi. Tout ce temps, j'avais vécu sur le seul désir d'y aller.



A vrai dire : le sol, ma main, une bouteille, les oiseaux et le ciel, un ruisseau, mon pantalon, mon pull et ma couverture sous le bras, partout il y aurait. J'allais.



Je retournais dans les bois.



(Une cabane. Chauffage central, double vitrage, wifi, etc. Y arrive-t-on jamais ?)

lundi 12 septembre 2011

Grande forme, champion

Fatigue immense et inextinguible qui me laisse sonné, la tête en cloche, une poutre pour carillon, l'esprit vaseux, empli de boue épaisse et gluante à laisser ses semelles collées dedans, et avalées, le ventre nauséeux, comme aux grandes heures des tomates farcies mal digérées, bourrées de farce, le chapeau calciné, un petit Cointreau par dessus quelle idée, les gestes incertains, malhabiles, stroboscopiques, et les pas trébuchants, foutues dalles disjointes et irrégulières, semelles de plomb. Et rien, pas un instant de détente, pour soulager : cette fatigue impossible à rassasier, aucune chance d'atteindre et passer son sommet - check-points, barrages, halte ! toujours halte ! et ça grimpe et ça monte, et ça tournicote, et ça, bordel, redescend, avant de remonter, encore, halte ! encore - impossible espérer trouver le sommeil sur son autre versant, pente douce (herbeuse et molle) vers le repos, oh, oui ! mérité, ou même précipice (terreux, caillouteux, crasseux, casse-gueule) d'abandon, d'abandon, d'abandon. Qu'il serait bon, pourtant !

Mais non, encore une nuit de foutue ! Réveil après trente minutes. Réveil après deux heures. Réveil, réveil. Toujours, encore. Dans les vapes, à fond. Bien qu'au lever, pourtant, l'impression d'avoir dormi : trois heures d'un trait. Grande forme, champion.

On s'habitue.

A bafouiller, pas toujours. A ne pas être compris, moins encore. Ça agace. A ne plus se comprendre soi-même, rarement. Ça se vit, de loin forcément. Mais quand la pensée fini par se perdre, égarée, trompée, mystifiée, on se retrouve enfin : disloqué. Vrai, peut-être. Pourquoi pas ? Épars, on chemine de nous ici, assis sur un banc, le regard fixe, contemplatif et - ah ! ah ! - intelligent, à nous là, debout dans un bus, accroché à une poignée, passant d'un pied sur l'autre, bringuebalé et cherchant l'arrêt suivant. Entre : mystère.

Peut-être, on m'aura vu ?! On me dira. Un jour, j'apprendrai avoir été à tel ou tel endroit, avoir fait ci ou dit ça, le reste évaporé. Une âme généreuse tiendra la chronique de mes jours. Elle notera à la date d'aujourd'hui : "Grande forme, champion". J'ai hâte de lire ça.

vendredi 9 septembre 2011

Deux steaks dans le même paquet

- "Tu n'as pas l'impression parfois d'être anormale ?
- Anormale ? Non, pourquoi !?
- Je ne sais pas. Te sentir seule, isolée, coupée du monde, à l'écart.
- Sans doute, parfois. Comme tout le monde, j'imagine.
- Les gens n'ont pas l'air.
- Détrompe-toi. Ils s'affairent.
- Tu crois ?
- Je suis sure.
- Je me sens seul.
- Tu es seul ! Je suis seule. Tout le monde est seul.
- Les mariés ne sont pas seuls. Les parents ne sont pas seuls. Les enfants ne sont pas seuls.
- Les enfants aussi sont seuls, plus que tout autre.
- C'est difficile à concevoir.
- On dit : dans le lit conjugal, les époux font des rêves différents.
- J'ai le sentiment d'être anormal.
- C'est autre chose : c'est parce que dans les supermarchés, les steaks sont vendus par deux.
- Je pourrais devenir fou.
- Aucun risque.
- Que si !
- Il te faudrait beaucoup de courage. Tu as peur, c'est différent. Les enfants n'ont pas peur. Les enfants ne portent pas de casque sur les oreilles quand ils marchent dans la rue ou prennent le métro, leurs lèvres ont le sourire facile et, à leurs yeux, la larme est déjà prête. Les enfants sont seuls et s'en moquent comme de leur naissance. Leurs mains sont vides, pleines, vides, pleines. Leurs poches, ils n'y pensent pas. Ils s'en fichent. Un pas succède à un pas.
- Que faire ? Se retirer dans les bois, fuir à la montagne ? Errer dans le désert ? Courir les océans ? Ne plus parler, se taire ? Renoncer au corps, être une âme flottante ? Mourir aux autres, à l'amour, à la vie ?
- Ne sois pas excessif ! Goûte ton steak avec plaisir, et même s'il y en a deux dans le même paquet".

dimanche 4 septembre 2011

Toutes sortes de règles mais celle-là

Le chien a toutes sortes de règles qu'il enfreint volontiers mais il en est une qu'il nous intime de respecter : on ne doit jamais imiter un chien quand on ne sait pas ce qu'on dit.



J'ai connu un type qui un soir rentrait ivre chez lui et croisa un chien. L'idée lui vint vite, trop vite, mais bien des fois dans la saoûlerie les distances se modifient et que dire de celle qui mène de la réflexion à l'action sinon que trop souvent elle s'exonère de la réflexion même et déboule, toute pimpante et séduisante, d'on ne sait où mais grosse de connerie, lui vint donc, instantanément, à la voix de se mettre à aboyer. Lui dans la rue, sérieux autant qu'il le pouvait, tourné vers l'animal : "Wouah ! Wouah ! Wouah !" Mal lui en prit. L'animal ne se le fit pas répéter. Il s'arrêta, se posta devant le type, fermement campé sur ses pattes, montra les crocs, les babines bien relevées, oreilles en arrière et yeux méchants, et gronda, et grogna. C'était une colère noire et sourde, sourde à tout argument. Souvent, à ce stade, un tel animal devant soi (mais j'imagine que ça vaut pour le loup, la hyène, le lion ou l'ours, peut-être même le renard), il est trop tard. Il était trop tard. Et borracho, courir, la troublée vue, double double, qui répondent pas les jambes, pas il n'y pensa (ni la réflexion, ni l'action). Il en fut quitte pour deux jolis trous dans son pantalon, à la cuisse, aussi la peau d'en dessous et jusque profond, graisse et muscle. Deux trous, nets, deux seulement, il s'en sortait bien.



Qu'avait-il dit ? Il se le demande encore. Mais il connaît la règle, aujourd'hui.

Parce que

Tout à coup, il n'y avait plus personne autour de moi. Le ciel s'était assombri, les nuages amassés, noirs et serrés. Je comptais quatre, cinq, six, sept personnes assises sur la longue barre de bois et dans l'herbe, lisant, regardant, discutant ; toutes s'étaient envolées.



Tout à coup, l'orage a éclaté. Le vent s'est levé, des éclairs ont passé, le tonnerre a grondé, le ciel s'est fendu, la pluie a coulé, à flots à flots. Aussitôt, j'étais trempé.



Je ne bougeais pas. Ça n'avait plus aucune nécessité. Il n'y avait rien à sauver. Au contraire, je pouvais me dévêtir et rester nu, ou courir ou danser. Pourtant, je ne le faisais pas. Y penser s'était suffi. Je ne bougeais pas, le vent me giflait, la pluie me rinçait, les éclairs et le tonnerre me transperçaient, pas d'un pouce, pour l'éternité. Je ne bougerai plus, je ne bougerai plus jamais. Mais. Y croire s'était suffi. Je me levais et prenais le chemin du retour. Enfin, tout à coup et très lentement, sans nécessité, comme se fait toute chose naturellement, venant, étant puis disparaissant, sans rien discuter ni faire valoir.

jeudi 1 septembre 2011

La chute

- "Il y a un type qui vient de chuter du quatrième étage. A terre, oui. Ou alors, c'est une nana. Il ne m'a pas semblé pourtant. Il est passé vite. Non, pas du quatrième, c'est moi qui habite au quatrième. Du cinquième sans doute, peut-être du six, sûrement pas du sept, il n'y a pas de sept dans l'immeuble. Du toit, pourquoi pas ? Il ne serait quand même pas tombé d'un avion ?! Et pourquoi pas venu des nuages, tant qu'on y est ?! Il a l'air tout ratatiné. Je n'ose pas trop passer la tête par la fenêtre et regarder dehors... des fois qu'il en chuterait d'autres. Crac sur le crâne, je risquerais d'être happé ! Je me penche, d'accord. Je le devine en bas. Il fait sombre. On voit sa main, une tâche blanche, qui dépasse des pots de fleurs. Il y a de la casse, j'ai l'impression. Faudrait pas que vous tardiez trop sinon vous n'aurez plus rien à sauver. C'est ça, à tout de suite. Bisous".
Se tournant vers sa femme :
- "Voilà, les secours sont prévenus. Bon Dieu, quelle chute ! T'as vu sa tête quand il a rebondi sur la rambarde du balcon ?!"

La pluie

J'allais sortir, j'étais sur le point de, mes chaussures aux pieds, mon manteau jeté sur mes épaules, ma mèche recoiffée, et puis il s'est mis à pleuvoir alors j'ai fait demi-tour et je suis rentré. Au fond, c'était sans doute mieux ainsi car, en définitive, je n'avais rien à faire dehors.

Pour dire vrai, avant de sortir, quand la sortie n'était encore qu'un projet, une idée à concrétiser, une envie de, disons-le, je ne savais rien d'où aller. Et, au moment où il m'aurait fallu trancher, faire le pas, car c'était l'heure, j'étais sur le seuil : la pluie !

Une belle pluie forte et drue aux grosses gouttes lourdes et serrées me barrait le passage et se payait la tête de mon envie. Ça riait, ça riait, du ciel au sol, ah ! ah ! ah ! et même les rebonds sur les pavés, ah ! à nouveau. Tête nue, mon seul manteau sur le dos, et léger, fin tissu, pas doublé, au seuil de la pluie, mon envie s'est évaporée. Oui, évaporée. Une flaque d'eau au soleil, eau de mer laissant le sel, seul à la surface de la terre desséchée : lassitude.

Je tournais les talons, lessivé par la pluie, rincé par l'orage, essoré par le temps et rentrais, en dedans, las. La fuite impossible, je restais face à.

Peu après, la pluie s'arrêtait. Tout revenait à l'ordre ancien sinon moi que l'envie avait quitté et dont la fatigue s'était révélée. Si j'avais su où aller, déterminé à y aller, ayant prévenu de mon arrivée peut-être, je serais passé à côté de.