lundi 31 octobre 2011

Bells

Se souvenir qu'un corps promène son apparence

Quand à l'intérieur, une évidence

Vague ici et là, nez au vent

Et bourdonne de temps en temps.

Marine

Quelque chose d'elle dans mon oeil

Tapait

Cheveux, yeux, bouche, peau ou cou

Je ne sais

Quelqu'elle dans mon oeil

Entrait

Que la lumière gravait

Multicolore irisée

Les formes comme des traits

Son pull rayé sur ma rétine

Riait.

dimanche 30 octobre 2011

La neige au printemps

Sa voix passée par dessus mon épaule

M'attrape l'oreille et s'annonce dedans

Timbre envoûtant

Cheveux noués et sourire charmant.

A découvrir, absolument

Sa chevelure soudaine
Chaque fois révélée
Comme un cadeau, le papier à peine déchiré.

jeudi 27 octobre 2011

Comment rester ?

Nuit sans lune

Espace sans fin

Temps aboli

Seul et le silence

Comment rester ?



S'attendre à voir, espérer

Avoir la foi, croire

Etre émerveillé, jouir

Toutes qualités du coeur

Qui ne sont pas encore

Comment rester ?



Comment rester

Sans la lumière

Sans la chaleur

Sans la rumeur

Sans le rêve, sans l'ambition

Sans les yeux, sans l'attention

Comment rester

Sans le bonheur

Promis, juré

Ni le vouloir, ni le chercher ?



Comment ne pas bouger

Comment ne pas s'impatienter

Comment ne pas prendre peur

Que ça dure, et tout le temps

Comment ne pas fuir

Vertige de la nuit et du silence

De l'espace et de l'absence

Trou noir d'éternité

Sans mots, sans mots aucun

On ne sait plus rien

Sur quoi poser ses pieds

Sur quoi mettre ses mains

Sur quoi fixer ses pensées

Guides jusqu'à présent

A quoi se fier désormais

Comment rester ?



Comment rester

En cet endroit

Où il n'y a rien pour nous tenir

Ni nous pousser

Rien pour nous

Cet endroit

Qui existe pourtant ?



Comment rester

Sinon rester

Parce qu'ailleurs et autrement

Est toujours ici

On y est.





On y revient toujours. Je ne sais pas pourquoi mais, sans cesse, quelque chose nous appelle et nous ramène ici. La question "Comment rester ?" ne se pose en réalité pas. Elle n'est que la résurgence d'un vieux réflexe, interrogation discursive. On reste quoi qu'il arrive parce qu'il n'y a pas d'autres endroits où aller, bien qu'on veuille souvent croire que la mer ou la montagne, la ville, la campagne, les amis, les amants, les collègues, les enfants, le travail, un disque, une voiture, des clopes, la télé, une passion (je ne vais pas vous la refaire), soient des ailleurs, et meilleurs. Mais ces soi-disants ailleurs vivent en nous. Il faut les voir nous traverser, flotter dans le silence. Peut-on se fuir indéfiniment ?



Comment ne pas rester ?

mercredi 26 octobre 2011

On voudrait

On voudrait
Il y a
Mais ce n'est pas
Alors on ne voit pas
Malheureux comme tout.

Cruel

A bout de forces
Et l'espérance douchée
La croix.

dimanche 23 octobre 2011

Grand nord (3)

Dans ce Grand Nord d'extrême

Où le froid et la solitude se mêlent

A ne plus savoir qui ou quoi

Dévore le coeur et brûle la peau

Fendent les pierres

Éclatent les mots

Est-ce le gel

Est-ce le silence

Ces miettes de lettres

Petits tas

Dont on ne sait que faire

Décombres de l'esprit

Passer le balai

Se taire

Plus un mot

Même pas une prière

Du repos.

samedi 22 octobre 2011

Grand Nord

Ma fourchette en chien de berger

Je rassemble mes patates sautées

Au milieu de la poêle

Et je siffle comme pour les appeler.

Ailleurs

Le chien jappe, aboie

Le chien remue la queue, tourne sur lui-même

Le chien tire la langue, lève la patte

Le chien s'aplatit au sol

Saute

Dans le silence de la grande maison vide

Le chien fait la fête à des gens qui ne sont jamais là

Qu'importe au chien

Qu'importe à la maison

Au silence, au vide, à la grandeur

Seuls les absents perdent cette fête-là

Qu'importe les absents

Qui, espérons le, sont ailleurs.

vendredi 21 octobre 2011

Manifeste m'en fou

La solitude est dans ce Grand Nord si extrême

Que quand je vais chier dans la forêt de saules

Longtemps je regarde mon caca, tout noir dans la neige

Et je lui parle.



Je lui parle dans ma tête.

J'avais beau

J'avais beau

J'avais beau circuler, déambuler au milieu de tous

Me faufiler, saluer, serrer, embrasser

Trinquer, rire, ah, ah

Qui ne masquaient pas

J'avais beau

J'avais beau, rien ne dénouait, rien n'étanchait, rien n'éteignait

Je ne sais quoi qui dans mon ventre

Dans ma tête, mes yeux, ma bouche

Mes bras, mon corps

Me poussait, me tirait, toujours à contre-sens

Me pesait, me fatiguait

Me fatiguait, j'avais beau

J'avais beau mais rien

La fatigue de mon corps qui revenait

Mon corps qui

Après tant

Absence

Revenait

Au milieu de tous

J'avais beau

Mon corps

Tous

Venus me fêter

Qui m'avaient tant manqué

Tant

Revenaient

Tous

Au milieu de tous

Fatigués.



On riait.

Manifeste

La neige fond et ruisselle

Court sur l'herbe

Suinte le long de la glace

S'enfonce dans la roche

Dessus, dessous, dedans

L'eau traverse la montagne

Lessive les sols

Creuse la terre

Éreinte la pierre

Charrie le limon

Se charge en minéraux

Cavale dans les interstices

Nettoie les souterrains

S'ameute en nappes

Et un jour enfin

Surgit à la source



A la source

Lumière douce du matin

Grand soleil du midi

Pluie du soir

Ou la nuit, miroiter la lune

Promeneur enchanté

Mouillé

Randonneur harassé

Trempé

Renard assoiffé

Noyé

Vent sec et coupant

Ou rien, couler plus loin

Perdue peut être



Toujours, maintenant

A quelle fin, on ne demande pas

Et les heureux qui sur son chemin

Heureux

Et les autres

Autres

Mouvement

L'écriture n'en va pas autrement.

jeudi 20 octobre 2011

L'inconnue

Elle m'avait vu
Moi pas
Elle détaillais ce qui en moi la séduisait
D'elle, je ne peux faire le dessin
Elle pensait : "Tourne-toi, regarde-moi, viens par là"
Je pensais à je ne sais quoi
Dans lequel je me perdais
Elle m'appelait
Je n'entendais rien
Seuls le silence et le brouhaha
Autour de moi
Quand pour elle, j'étais le son, j'étais l'écho
Je boutonnais ma veste
La marche à nouveau, j'allais
Et loin, elle m'avait suivi
Son regard à mes pas
C'est une histoire
Dont elle se souvient
Avec douceur et tendresse
Qu'elle raconte parfois
Et que moi, je ne connais pas.

C'est mal vu et pourtant

On n'entre pas dans les gens

C'est mal vu

Il faut des morts

S'il y a des morts on peut

Des morts et vient l'envie de parler

L'envie de se tourner

L'envie de se rapprocher

Ne pas se sentir seul

Seul au bord du trou

Avec le vertige et sans savoir quoi faire

Et le trou, tout seul

Qu'est ce qu'on peut

Sinon se tourner

Vouloir des gens

Y entrer.



Le trou est toujours

Toujours là

Morts ou pas.



N'oublions pas.

Le type qui renseigne

Il attend, à côté du plan du réseau

Il a la mine affable

C'est lui.

Dans la rue, calme

Tip Tap Tip Tap Tip Tap Tip Tap
Tip Tap Clonc Tip Tap Clonc Tip
Tap Clonc Tip Clonc Tap Clonc Tip
Tap Clonc Clonc Tip Clonc Clonc Tap
Clonc Clonc Clonc Clonc Clonc

mercredi 19 octobre 2011

Ce qui m'étonne

Ce qui tous les jours m'étonne, c'est à quel point on ne comprend pas nos vies. On parle, on bouge, on fait. On s'en tient à une réalité matérielle établie et convenue (j'ai 36 ans, deux enfants, je vis avec Mathilde, Mathilde est jolie, je l'aime, j'aime mes enfants, mes parents aussi, mon père était dur cependant, dans ma jeunesse, enfin, j'ai un bon boulot, je gagne bien ma vie, mais les impôts, et les loyers, nous irons skier cet hiver ça n'empêche pas, je suis inquiet cependant, la crise financière, ses conséquences économiques, et sociales, et politiques, les Grecs, Moody's, croissance ? récession ? et si j'étais touché, les copains heureusement, Jérôme, je l'adore, Pierre et Charlotte, la santé quand même, mal au bide en ce moment, mon frère est fou, une Audi A8, Natacha, ah Natacha, jolie elle aussi, ses jambes, son regard, l'autre jour j'ai trop bu, j'ai dit des conneries, Mathilde faisait la tête, j'espère que je vais toucher mes primes, cette cravate me va bien, qu'est ce qu'on pense de moi, je perds mes cheveux, j'aime pas les chiens, il faut que j'aille chercher les enfants, je suis à la bourre, fais chier, etc.) sans mesurer ni même percevoir les fondements profonds de cette réalité. C'est une réalité compréhensible, intelligible, admissible. Qu'a-t-on fait de nos sens ? Ne voit-on pas les courants qui nous animent ?

Ne voit-on pas comment nos rencontres, nos lectures, ce qu'on entend et voit, nourrissent nos pensées, nos envies, nos coups de coeur, affirment ou défont nos goûts ! Comment nos relations et les sentiments que nous y accolons nourrissent à leur tour ces pensées, jouent sur nos liens avec autrui, forment nos jugements sur nous et les autres, déterminent notre état d'esprit et nos actions futures ! Comment toutes ces données qui nous sont extérieures entrent, nous travaillent et reparaissent sous une forme recyclée ! Comment notre histoire personnelle, notre milieu, notre éducation, nos goûts et nos habitudes agissent sur notre perception de cet environnement ! Comment les événements déterminent notre existence, non pas tant en ce qu'ils surviennent mais en ce qu'ils provoquent des cassures et offrent des possibilités alors impensées ! Appelons les hasard, fatalité ou destin, ces événements, qu'est ce que ça change ? Comment l'inconscient, brimé, contrarié, joue les trouble-fêtes, comment, libéré, il pousse, balaie, nettoie, impose sur le devant de la scène ! Comment les faits ont leur propre rythme, comment il conviendrait de se montrer patient et courtois à leur égard, comment on ferait bien de se tenir en retrait, silencieux ! Comment surgissent et s'expriment tous ces phénomènes ! Comment tout est lié, interpénétré, dépendant, conditionné, sans sujet ni durée, immédiat ! Ne voit-on pas tout cela, je veux dire non pas en le comprenant de façon logique et raisonnée avec des mots et des phrases comme je viens de tenter de le faire, maladroitement car c'est impossible, mais en le percevant se dérouler, bulles qui éclosent dans le silence de notre espace intérieur ?!

Et l'on voudrait définir et contrôler un mouvement qui nous échappe totalement (d'autant plus qu'on se refuse à comprendre cette chaîne, angoissante peut-être, surprenante sans doute, enthousiasmante sûrement), qui même ne dépend pas de nous, dans laquelle notre rôle se limite sans doute à n'être que témoin ; et l'on voudrait s'en tenir à une vie dans ces cases (Mathilde, les enfants, moi, le boulot, les amis, le bien, le mal, les joies, les peines, les soucis, les soucis, les soucis - qui existent sans doute, mais ainsi dit, ou autrement, et n'existent plus tout autant car déjà révolus, disparus et remplacés), se la faire facile et douce et heureuse, emplie d'argent, d'amour et d'attentions.

C'est illusoire, vous comprenez.

Des mots ! Des mots ! Seuls les mots peuvent assez maquiller la vérité pour en faire une réalité. Les mots sont à entendre (ou lire) et à oublier. Aussitôt oublier.

Dans la lueur des phares
L'animal effarouché
Ne sait pas danser.

(Parce que je ne savais pas où les caser).

Dans la coulisse

A l'appel le silence

Au rendez-vous l'absence

A la rencontre la dérobade

Au salut l'indifférence

Quitté le monde

Devant

Pour ses ombres

Derrière

Et découvert

Dans la coulisse

Les manivelles, les cordes, les palans

Qui tournent, lèvent, tirent

Désirs et tourments

Charmes, joies et nécessités

Aux histoires contées

Un élan

De l'énergie

Et le tour est joué.

Moderne, urbain, civilisé

Se croiser

Détourner le regard, s'ignorer, s'éviter

Dans une bulle confortable

Douillette et protectrice

Sourd, aveugle, bouché

S'enfermer

Que rien ne vienne interroger

Que personne ne pose question

Pas de surprise

Aucune déconvenue

Rester entre soi

Uniformes

Conformes

Contents, rassurés

Sans curiosité

Rien qu'on ne veut pas

Et si, pas d'attention

Indifférent

Tout va bien.



Il faut s'accorder une importance extrême pour se refuser aux autres, croire ou laisser à penser qu'ils sont, quoi ? Des monstres indignes ?!



A la foire aux vanités, le regard - et les grilles - est tourné dans l'autre sens.

Prière

Que ses ressorts cassent

Qu'il tombe, renversé, toutes pièces éparses

Mon esprit, détendu.

mardi 18 octobre 2011

Parmi tant d'autres

Dans l'abandon

Heureux

Caméléon

Rouge, jaune, vert ou bleu.

lundi 17 octobre 2011

Esotérique

Espérer la vie sauve

Sans savoir l'obtenir

Tâtonner, hésiter, s'enquérir

Personne ne sait

L'au delà

Et ceux qui savent

Ne le racontent pas.

Une girafe chez les éléphants

Marchait devant moi un colosse de petite taille, aux jambes courtes et, de fait, aux fesses basses. Son torse et son cou puissants, ses bras aux muscles cultivés, surdéveloppés même - sorte de pédanterie du bodybuilder, lui conféraient une impression de poids, de robustesse certes, de lourdeur tout autant. Trapu, il était imposant.

Il allait à petits pas, courts et tranquilles, et avançait lentement. Le passage était étroit, il l'obstruait. Il me bloquait derrière, moi dont les longues jambes déliées ne demandaient qu'à entrer en action, jouer à plein, avaler le carrelage.

Je n'étais pas pressé, je voulais aller vite. J'aime marcher rapidement, courir presque, et précisément dans ce couloir là, avec, à défaut d'une auréole, mes cheveux qui volettent au dessus de ma tête. J'aime sentir l'air s'écarter sur mon passage, siffler contre ma peau, chanter mes louanges, me saluer. J'aime entendre mes pas cliqueter au sol comme une balle de ping-pong rebondit, frivole, sur la dalle de béton, légère pente vers la rivière en contrebas : tic toc tic toc tic toc, etc. Impossible de le passer, je rongeais mon frein, tressautais, fulminais. Il avait de ces bras ! Vous me voyiez lui taper sur l'épaule, lui se retourner et me toiser, moi lui sourire, cligner d'un oeil et lui glisser sous le nez, lui m'attraper par le col et me serrer dans ses bras monstrueux, affectueusement peut-être mais, m'écraser ?!

On se sent impuissant parfois au milieu de l'adversité.

Bonjour machine (fin)

L'honorable correspondant - je le connais, il est malin en diable - renchérit :

"Tout, absolument tout ce que nous produisons passe par un logiciel. Tout ce que produit un journaliste et distribue un média passe par un logiciel. Tout ce que le public consomme, distribue et produit passe par un logiciel. Sans logiciel, il n'y a ni journalisme, ni média, ni public, ni qualité. Il n'y a pas non plus de commerce ni de publicité. Sans logiciel, il n'y a pas de relation avec le marché." Pablo Mancini.

Pablo Mancini, si c'est bien lui, semble être un journaliste argentin du groupe Clarin, féru de nouvelles technologies. A ce stade, je ne sais quel crédit ou débit il convient de lui accorder. Je n'ai même pas le temps de me renseigner, fouiller le net - vous me voyez, pour savoir d'où il parle et ce qu'il dit. Et je m'en fous !

Simplement, merveilleux correspondant, voyez : la technologie est là conçue comme étant l'interface du marché.

Assez, maintenant. C'est assez. Je deviens fou.

Bonjour machine (suite suite)


Mon honorable et admirable correspondant me fait savoir que l'émission "La tête au carré" de Mathieu Vidard, diffusée ce jour sur France Inter, traite - qu'est ce que j'en savais, moi ?! - très exactement de ce sujet : "L'impact des nouvelles technologies sur le cerveau". On ne pourra pas dire que je ne suis pas dans l'actualité, cette espèce de préscience dans laquelle je me repais ces jours-ci.


Dieu m'en pardonne, car je ne recopie habituellement pas, je cite ici le "pitch" de l'émission, que je n'ai malheureusement pas le temps d'écouter, c'est pas du boulot j'en conviens :


"« Internet rend-il bête ? » :  tel est le titre un peu provocateur d’un best-seller de l’essayiste américain Nicolas Carr, qui vient d’être traduit en français (éd . Robert Laffont). S’appuyant sur des études scientifiques effectuées outre-atlantique, il y montre comment l’utilisation d’Internet  a opéré une véritable « révolution » dans notre cerveau.


Notre cerveau, éminemment plastique, se serait déjà adapté à l’usage intense de ces nouvelles technologies, comme il se serait adapté dans le passé à l’invention de l’écriture ou au développement de la lecture. Elles auraient modifié le fonctionnement de notre mémoire, de notre attention, nos rapports à l’apprentissage, et plus profondément notre intelligence, notre façon d’appréhender le monde et de le penser. Les digital native (ceux qui sont nés avec Internet) seraient donc, selon lui, de véritables mutants.


Les recherches récentes en neurosciences ont en effet démontré la plasticité de notre cerveau, que les connexions neuronales se modifiaient en permanence en fonction de nos expériences vécues, mais aussi des outils qu’on utilise".


A quoi, moi, je joins cette idée que j'ai de la chose - et vous aurez noté le ton résolument optimiste de ce petit résumé : oui, le cerveau est plastique. Oui, l'homme s'adapte. Sauf que : l'utilisation des nouvelles technologies rend l'homme effectivement plus adapté à l'utilisation des nouvelles technologies (comme l'ancêtre qui découvrait la charrue et apprenait à s'en servir, la maniait probablement de mieux en mieux - sinon ces cons de boeufs ou cet abruti de cheval ! - et, même, la perfectionnait mais jamais, ô grand jamais, ne l'emmenait dans son lit, entre sa femme et lui, ou l'amenait à table et avec elle devisait, sourd aux paroles de ses enfants, ou encore se la foutait devant les yeux quand le soir après le turbin - toute la journée derrière sa charrue - il avait la possibilité de se trouver nez à nez avec le grand spectacle de la nature, ou laisser ses pensées vaquer, voguer, divaguer, se découvrir ou inventer je ne sais quoi, le fil à couper le beurre, tiens ; peut-être, il en rêvait et s'il en jouissait, ça passait avec les autres fantasmes). L'homme s'adapte à la machine, devient (un peu) machine lui-même. Et les outils utilisés commencent à prendre le pas sur les expériences vécues (ou les expériences sont vécues comme on utilise un outil, machinalement). Ce qui fait l'homme n'est sûrement pas la somme des connaissances dont il dispose, ni son intelligence ni sa bêtise, mais sa capacité à se tenir, entier, dans le mouvement naturel de la vie, s'y éprouver et en avoir conscience. Cette capacité pour s'exprimer nécessite courage, ténacité, vigilance. Elle est révolte. Elle ne peut accepter de céder une once d'attention, de s'en remettre à autrui pour percevoir à sa place. Cette capacité n'est pas connaissance ni possession - ça, on peut tout abandonner et plus encore. Elle est seule et pure perception. Pourquoi limiter le champ de cette perception quand elle est naturellement vaste - l'intuition par exemple ?


Quant à vous, merveilleux correspondant, cessez de me relancer : c'est de poésie dont j'ai envie (et sûrement pas de conceptualiser).

Bonjour machine (suite)

Ce qu'en réaction un admirable correspondant traduit par le dessin suivant :


dimanche 16 octobre 2011

Bonjour machine

Dans les récits de science-fiction, ou d'anticipation, la grande frayeur consiste en l'invention par l'homme d'automates, de machines et robots de plus en plus perfectionnés, de plus en plus intelligents, sensibles et performants, qui, peu à peu ou dans un saut évolutif soudain, acquièrent une sorte de conscience humanisée et prennent le pas sur leurs créateurs jusqu'à surpasser, dominer, assujettir ou anéantir le genre humain - au cours de terribles guerres, au prix de batailles acharnées, d'où réchappent quelques héros courageux et tenaces qui iront grossir les maigres forces d'une résistance décharnée mais combative (tous clichés assumés).
 
Dans la réalité, les choses sont bien plus simples et certaines : l'homme se transforme en machine et abandonne son humanité. Non pas que la technique lui échappe et s'autonomise pour vivre une vie indépendante, loin de lui, ou contre lui, et à ses dépends (sans parler ici de révolte ou de retournement, simplement d'abandon et de mépris, de dépérissement et d'extinction - l'homme ne sachant plus faire sans) mais qu'il s'en remette à elle, de plus en plus entièrement et librement, par facilité, fainéantise, refus d'exercer ses facultés et rejet de ses responsabilités, qu'il se fonde peu à peu dans la technologie et disparaisse finalement, s'abandonnant d'abord physiquement (prothèses), ensuite intellectuellement (mémoire, calcul, capacité de réflexion, pouvoir de décision) et enfin spirituellement (solitude, autonomie, liberté), aspiré, siphonné  phagocyté, dissout, évaporé.

Plus de chair, un exosquelette.

On y va et sans doute plus vite qu'on croit, suffit de regarder les yeux vitreux du gars en face de moi, son casque sur les oreilles, le son poussé à plein volume, ses petits doigts boudinés qui virevoltent sur le clavier virtuel de son téléphone - quand il n'est pas devant son ordinateur ou sa console ou l'une de ses télés ou affirmant que l'iPhone a changé sa vie - mais quelle vie peut-on donc bien mener pour qu'un téléphone nous la change en profondeur (le téléphone nous ferait donc mieux nous supporter ou aimer les autres ?). Le gars n'est plus là, dans la vie qui passe à portée de main, la machine le tient en son pouvoir et utilise son énergie vitale. Oh, il n'est ni vilain ni méchant ! Son rapport au monde prend le chemin d'une interface. Quel lien avoir avec lui si la machine en est le média ? Quels genres de relations entretiennent deux machines entre elles ?

Le drame étant celui-là que l'homme cède de son propre chef (consciemment dans le sens où il peut, pourrait s'il voulait bien y regarder, se percevoir y cédant, mais ça se voit qu'il croit bien faire, sûr ainsi de se développer, gagner en dimensions, devenir plus grand, plus fort, plus intelligent, plus performant, meilleur - en réalité plus adapté (pas faux), plus intéressant (la clé). En dort-il mieux ?)

Tout s'achète, tout se vend. Pourquoi pas sa propre nature ?! A quel prix ?

(Il faudra qu'on retrouve le goût, la patience, la passion, de ne plus se fuir. Alors, les choses nous apparaîtront simples et belles, telles qu'elles sont. Sans doute, la technologie y aura sa place. Simplement sa place).

vendredi 14 octobre 2011

Achever

Forêt et nuit noires
Hurlent les loups
A coeur joie.

Amadouer les loups
Avec la viande du bout de ses doigts.

jeudi 13 octobre 2011

A l'unisson

Devant la maison
La lande s'offre pour horizon
Je lui fais cadeau de moi qui suis un puits profond
Nous communions.

Impasse

La solitude
Et personne, jamais, pour la contempler
Avec soi.

Des artistes

J'avais fini par tout déblayer

Balancer

La surface était vide, plane, désolée

Ouverte à tous les vents

Des plus doux aux plus puissants

Un fil restait

Tendu, qui la traversait

Seul désormais

Avec plus rien accroché

Pour l'entraver

Un fil fait pour vibrer

Un fil fait pour chanter

Et ce fil disait la colère, la tristesse et la joie

Ou simplement se taisait

Alors la bouche se tordait

Et les gestes s'emportaient

Et le coeur se pinçait

Et les yeux pleuraient

Et le visage s'illuminait

Et le rire perçait

Et l'ennui s'annonçait

Et les pensées regimbaient

Tandis que sur le fil un équilibriste marchait

Faisant attention de ne pas tomber

Croyant superbement manoeuvrer.



Vent et fil s'en donnaient à coeur joie

Qui improvisaient tout ça.

mercredi 12 octobre 2011

Karma

Assis. Autour, la foule. Les gens amassés. Je souris. Une petite musique occupe mes pensées. Elle a les yeux bleus, lumineux. Elle me regarde. Je la vois, face à moi. A ses lèvres, monte un sourire. Elle est jolie, imparfaite, belle. C'est ça. Nos regards sont accrochés. Nos sourires aussi. Elle est proche, toute proche. Mais. C'est l'heure. Nous nous levons, sortons, partons. La foule. Les gens amassés. Chacun sa direction.

Rideau.

Nos sourires flottent dans l'air derrière nous, dans la foule et les gens amassés. D'autres occupent nos places délaissées.

Puissent nos sourires s'afficher à leurs lèvres, aider leur yeux à se trouver, pousser leurs corps à se porter l'un vers l'autre, encourager leurs esprits à s'engager dans une même direction ! Puissent nos sourires poursuivre cette histoire, toute légère, que nous avons esquissée ! N'est-ce pas pour ça que nous les avons laissés derrière nous ? N'est-ce pas dans ce but même que nous avons souri ?

Une carpe

Les vagues cassent
Dures
Sur ma tête
Sous l'eau, je bois la tasse
Salée
Saoulé
Hors, j'attrape l'air à grandes goulées
Une carpe
Vous voyez ?!

mardi 11 octobre 2011

L'émotion

J'avais plein de mots en tête

Qui déboulaient en trombe

C'était une telle pagaille

Que je ne savais quoi dire

Les mots allaient se fracasser contre mes dents

S'enfonçaient dans ma langue

Ricochaient contre mon palet

Ne parvenant au mieux à produire que quelques sons étouffés

Borborygmes, hoquets, cris de chimpanzé

Mon souffle lui-même poussait, poussait

S'éreintait et se désolait

Mon coeur battait, pompait, propulsait

D'autant plus que l'émotion le tenait

Mais ma bouche restait résolument fermée

Hermétique, bouclée

Ce n'était pas cette fois que je parlerais

Ces mots étaient faits pour me rester

Je l'aimais.

dimanche 9 octobre 2011

Frayeurs

Où sont-elles les petites amies
Qui chantent et qui pépient
Où sont-elles ces petites chéries
Tombent-elles du ciel le soir aussi ?

Je me demande si le jour, en secret
Est capable de les séduire, les amasser
Les retenir, les préparer
Et à la nuit tombée me les envoyer ?

Ou si seule la nuit
Trouve la force et l'énergie
De les faire si fortes et si jolies
Mes chères et vieilles amies ?

Car au petit matin souvent je les vois
Descendues doucement et bas
Venues à mon chevet et dans mon lit
Me surprendre d'une terrible et belle insomnie.

Où sont-elles ces petites chéries
Qui chantent et qui pépient
Viendront-elles le soir aussi
Quand je ne suis pas encore endormi ?

Mes gentilles amies dont je jouis et me languis.

Impuissant

C'est une veste blanche qui disparaît au loin

Dans la circulation dense sa marche rapide

Mes yeux incertains

Rétrécis à fixer le lointain

Ma voix faible étouffée

Dans ma bouche bée

Et mes bras trop courts

Levés pour

Vraiment trop courts.

samedi 8 octobre 2011

Soleil et pluie

Soleil et pluie

Aujourd'hui

Soleil et pluie

Indécis

Soleil et pluie

Tous les jours

Hier, demain

Aujourd'hui

Soleil et pluie

Comme toujours

Dès le matin

Jusqu'à midi

Et le soir

Et la nuit

Soleil et pluie

Aujourd'hui

Et d'espoir

Lune et pluie

Indécises.

Arc en ciel

Où suis-je allé me fourrer

Où me suis-je mis

Je ne me trouve plus

Et si, par hasard, je crois me croiser

Ne me reconnais pas

Est-ce moi celui-là

A qui je palpe le visage

Suis-je celui-ci

Dont je sonde les opinions

On dirait bien que non

Il ne semble pas

Ces mains

Ces pieds

Ces goûts

Ces yeux

Ces idées

Où me suis-je mis

Pas drôle du tout

Se perdre et s'égarer

Se croire mais se tromper

Oh j'avais cru

J'avais vu ce que j'avais vu

Entendu et entendu

Forgé, fabriqué

Construit

Fourvoyé

Tout ce temps

Et maintenant

Que je m'en aperçois

Me perds et ne me reconnais pas

Où donc ai-je disparu

M'en suis-je allé

Vraiment.

Monsieur Rron Rron

L'auditoire avait sombré

Tout le monde dormait, affalé

A la conférence du marchand de sable.

vendredi 7 octobre 2011

Dans l'air

Parce qu'on croit aimer

Celui-ci ou celle-là

Ceci ou cela

Ni ceci, ni cela

Parce qu'on croit que l'amour

Relie l'arc et la cible

Flèche qui fend les airs

Touche dans le mille

Proches, aimés

Parce qu'on

Croit je ne sais pas

Et l'amour, l'aime-t-on

Aimer l'amour, et pourquoi

L'amour qui irradie

Se moque de qui de quoi

L'amour qui n'est ni l'arc, ni la cible, ni les flèches

L'amour qui n'est que l'appel

La voix qui demande de se tourner

Écoute

Entend

Les feuilles craquer sous tes pas

L'air siffler qui entre dans ton nez

Le cri de l'enfant apeuré

Ce doigt qui glisse sur ta peau

Froide, l'eau à peine séchée

Ces lèvres qui disent des mots qui ne disent rien

Des mots qui ne sont là que pour dire nous ne sommes pas là

Écoute bien et vois

Sous les mots, sous la peau, sous les cris et les feuilles

Dans l'air

Le plaisir, la gaieté, la joie

Être

Ensemble

Être

A soi

Être

L'amour dit ça.

Peu de choses

La peau s'est ajustée aux muscles
Et les muscles aux os
Il n'y plus que le nécessaire
A cette carcasse
Et elle marche
Ce qui était de trop
A laissé place
Le coeur s'est agrandi
Les idées passent
L'oiseau est déplumé
Tout déplumé
Maintenant, ça se voit
Les plumes ne lui allaient pas.

jeudi 6 octobre 2011

Note

C'est du boulot d'écrire toutes ces conneries mais c'est fou ce qu'elles me donnent de joie. J'espère à vous un peu qui les lisez.



A tous, je recommande l'écoute de cette petite perle qu'est la musique de Mina Tindle qui ce soir m'a accompagné. Tout de légèreté. (Je ne serais pas étonné qu'elle ait déplié, ou au contraire tordu, quelques phrases. En tout cas, elle était l'élan et l'énergie).



Bien à vous,

AB

Ciel noir

La situation dans laquelle je me trouvais, je l'avais espérée, voulue et cherchée. Je l'avais. Mais elle durait. Elle s'éternisait.
Elle avait agi et m'avait transformé, je crois, mais je l'avais crue transitoire et maintenant j'en avais assez et je priais pour qu'elle s'achève.
Mais elle ne s'achevait pas ; mais elle se poursuivait ; mais elle étirait le temps, mais elle s'étalait, prenait ses aises.
Je voulais me voir traversé de nouvelles sensations, je voulais voir prendre corps et croître des émotions oubliées, je voulais les partager. Je voulais les partager. Je voulais revivre. Je voulais que ça change.
Assez de cette mort, assez de cette solitude, assez de cet ennui. Je n'en avais plus la patience. Je n'arrivais plus à les supporter. La vie ! La vie ! La vie !
J'appelais, je criais, j'hurlais.
Je m'agenouillais et priais.
Rien n'y faisait.
Seul le sort aurait pu mais le sort, c'était lui, était contre moi et s'acharnait. Ah, il devait rigoler quand il passait un regard à travers l'oeil de boeuf de son cabinet de travail et me voyait tout désolé, penaud, à sa porte, osant à peine frapper, ne frappant pas, maugréant, oui il devait se marrer ! N'avait-il aucune pitié, aucun remord ?
Je me revoyais, quelques années avant, à la même table sûrement, un autre cahier devant moi, faisant une autre prière, la même prière dans un ordre inversé, suppliant à quelques mots près, quitter et trouver. Je me revoyais espérer lâcher ce qu'à présent je souhaitais retrouver, et gagner ce que je voulais aujourd'hui abandonner. Et le sort qui m'exauçait ! Et le sort qui ne me prévenait : on ne revient pas sur un souhait. On ne revient pas sans payer.
Oh, Arthur, encore un effort ! Vois, c'est presque gagné : les larmes étalées sur la table, la somme quasi rassemblée. Encore quelques affres, un peu de tourments, et tu y seras. Tiens bon !
Mais lui d'escamoter l'acompte versé, remettre les compteurs à zéro.
Mais moi, crédule : dans ce cas, j'attendrai. Cet effort, je le ferai. Allez, allons !
Il riait, s'esclaffait. Je l'entendais, je crois. Il me bernait, n'est ce pas ?!
Je n'avais pas mon mot à dire, je les disais tous, et les plus gros, et les pires. J'y ajoutais : pardon ; s'il te plait ; je t'en prie ; je ferai ; je serai ; comme tu voudras.
Le rire résonnait plus fort. Quelle imagination !
Sans doute, me disais-je, il y avait quelque chose à comprendre, à accepter, quelque chose qui agissait en secret, quelque chose, un truc quoi. Même un tout petit truc qui aurait une toute petite once de sens. C'était une nouvelle leçon que le sort me donnait. Il y avait, n'est ce pas ?!
Je reprenais ma prière, en silence cette fois, et j'ajoutais cette demande sur la pile des autres, déjà formulées : comprendre, accepter. Quelle leçon ?
Oh, je ne savais plus. Ni que dire, ni quoi faire. Rien.
Se taire, courber l'échine, baisser la tête, fermer les yeux, pour la prière.
Une torture, n'est ce pas ?
Le sort, sadique ne chef.
Un enfant arrache les pattes d'une sauterelle ; vise un chat au lance-pierre ; fait fumer un crapaud ; piétine les plate-bandes du voisin.
Je n'étais pas cet enfant-là.
Me plaignais-je déjà ?
J'apprenais à prier. L'insatisfaction, l'espoir, la peur.
Je priais.
J'écrivais.
Je n'ai pas tellement changé.
Et s'il n'y avait rien, ni même le temps, ni même le sort, ni même moi ? Eh quoi ?! Ah, je crois bien que c'est gagné.
Au moins dans la folie, on ne s'emmerde pas. Et surtout pas de principes. La folie autorise la lâcheté, toutes les lâchetés, que c'est même courage de s'y adonner.
Force d'âme.
Quiétude.
Prière, on peut.
Et revenir sur les souhaits exaucés, sans taxe ni frais de douane.
Le ciel noir ne donne pas toujours de pluie.

Des fusées

Elles sont nombreuses qui croisent dans mon ciel

Filent et scintillent, des fusées

Connard d'ingénieur qui n'a pas calculé qu'elles tombent dans mes bras.

La rue

La rue était fréquentée, qui m'avait fait penser à elle, qui n'était pas

Le trouble m'avait saisi, qui me trouait en mon plein milieu, qui s'affaissait

Aucun pas ne suffirait, qui me porterait de mon désir à la réalité, qui se dérobait, qui se déroberait

Il n'y avait rien à faire, ni courir, ni s'arrêter

Il n'y avait qu'à marcher

Je marchais, tombant à chaque pied qui avançait

Dans l'oubli qui me gagnait.



Le désir avait passé et son écho s'était tu

Dans la foule de cette rue.

mercredi 5 octobre 2011

Avançons légers

Avançons légers

Les yeux sur l'horizon

Ouverts, fermés

Courage

La tête ballottée

Vaguelettes et petits moutons

Courtes et vives ondées

Ou courants longs

Bien moins pressés

Montés du plus profond

Dans l'instant révélés

Ou à l'avance trompettés

Émotions

Caresses et frissons

Aux sens éveillés

Courage

Légers, avançons

Légers, laissons

S'avancer.

Décalé

Sentier, branchés
A Mille lieues
Vieil ours.

Tant mieux, après tout

Construire le monde, une illusion

Ce qui nous traverse est sans prise

Et nous tord, à sa guise.

Bon ennui !

Le problème avec l'ennui - long, durable, intense, vertigineux trou (espace et temps) sans occupation véritable, c'est qu'il ne court pas ni n'amasse rien. Essayez de gagner votre vie à rester allongé sur votre lit ou accoudé à votre fenêtre, à faire les cent pas dans votre courette ou contempler les herbes folles depuis le pas de votre porte. Pourtant ces beaux rêves et ces joyeuses pensées, cet amour et ces élans, d'où nous viennent-ils sinon de ces moments que l'on dit perdus ? A tous, je souhaite le meilleur ennui et la plus grande patience, de quoi se sauver et toute son existence.

mardi 4 octobre 2011

Lucide

Réussir sa vie.
Ah ! Ah ! Ah !
Ah ! Ah ! Ah !

Voir

Vouloir la solitude, la chercher dans le silence et l'absence
La manquer dans le bruit et la présence
L'admettre au coeur des choses.

Ton nom

J'ai cherché ton nom

J'ai tourné des pages,

Je me suis abîmé les yeux

J'ai cherché ton nom

Et ne l'ai pas trouvé

Toi qui était devant moi

Mes yeux abîmés

La page tournée

Ton nom oublié.

Coque

Sur le pont du bateau

Bronzent les filles

Plongent les garçons

Contre la coque, bat le flot.

lundi 3 octobre 2011

Poésie de subsistance

Ciel noir et terre aride

Poésie de peu de mots

Laisse à l'esprit la faim

Creuser

Avec dans la main

La joie de ces quelques mots.

Préoccupation

Dans les bouchons

Il y a toujours un con

Pour jouer du klaxon.



Pensées dans un crâne.

Dimanche indien

L'eau s'envole en jets

Un, deux, trois, quatre, cinq, six

La tête dans l'herbe, je m'endors et bave.



L'escargot file autour de la fontaine.

samedi 1 octobre 2011

Eh ouais !

Si tu vivais dans ma tête

Tu te croirais sur une autre planète

Tout y aurait des formes biscornues

Tout y parlerait des langues inconnues

Tout y ferait des choses saugrenues

Si tu vivais dans ma tête

Tu serais moi, ne t'étonne pas.