mercredi 30 novembre 2011

Le monde est une impression (3)

Contemplation d'un bras, d'une épaule, un nez, une oreille ou un cheveu
Chaque fois émerveillé
Le désir d'une caresse
Contact de la peau
Et toujours des yeux
Ou des lèvres peut-être
Pour un baiser très doux
Sans l'éveiller.

Est-ce cette pensée
Mon amour
Quand elle n'est pas là ?

Est-ce cette tentation
Mon amour
Quand je n'ai qu'à tendre le bras ?

Est-ce en pensée
Mon amour
Une idée, une impression ?

Est-ce ou je perds la raison
Mon amour
Tends le bras, toi
Même quand je ne suis pas là.

lundi 28 novembre 2011

Le monde est une impression (2)

Baisé par la lune

Le soleil sur sa couche

S'éteint

Tandis qu'elle, blafarde

Savoure son triomphe, modeste

Sourit, sourit

Et demain s'attardera visible dans le ciel

Le soleil tout pâle caché par des nuages gris.

Le monde est une impression

Nous courions

Étions nous côte à côte ou l'un derrière l'autre

Nous courions et nos souffles se mêlaient dans l'air vif et frais

Montaient, s'épanchaient

Nous rions

Nous rions tant et tellement

A nous en essouffler

Que notre course faiblissait

Nous ne courions plus

Mais étions pliés en deux

Tous les deux

Les bras pendus vers le sol et à nos cous

Rires et souffles mélangés dans l'air vif et frais

Nous marchions

Côte à côte et serrés, je le sais

Sur les pavés, luisants

Comme nos yeux étaient étincellants

Eclats d'un monde heureux

Dont tout était le parfum.

samedi 26 novembre 2011

Mauvais

Il ronchonnait en passant

Devant les passants

Son regard mauvais

Sur tous portés, et les femmes et les enfants qui sont faciles à insulter

On ne savait quel coup allait partir

Si un coup devait partir

Mais il n'en partait aucun

Car il n'était pas costaud

Ni malin

Encore moins courageux

Juste vilain

Et tout ce qu'il savait

C'était ronchonner

Avoir le regard mauvais pour les passants

Insulter les femmes et les enfants

Ça, il le faisait bien

Depuis petit qu'il s'y adonnait

Funeste jour où il avait cru

Qu'ainsi il serait quelqu'un.

mercredi 23 novembre 2011

Métro

L'oreille collée au pavillon du tuba

Eclats... Clats... Ats...

Sonores.

Prothèse - note de stupéfaction


Ni une ni deux, ma dernière note à peine publiée, je reçois d'une aimable correspondante cette question toute directe et toute nue : "Ça a une queue un hérisson ?" (oui, il est possible de m'écrire, mon adresse sur la page). Je me demande : est-ce préoccupation ingénue ou allusion très crue ?

Pour autant, il m'est facile de répondre. Les dictionnaires classiques et courants, dans leurs définitions du petit animal, n'en disent rien mais il me suffit de me référer au Dictionnaire universel d'histoire naturelle de Charles d'Orbigny, sous-titré Portraits d'animaux (Fage Editions, 2007) - livre que je conserve d'un noël pas si ancien pour ne l'avoir finalement pas offert - pour l'affirmer : le hérisson a une queue et elle est courte. Voire très courte à riquiqui.

La consultation de l'ouvrage, dont je me lasse assez rapidement en vérité mais qu'il est indispensable de détenir, je crois, dans toute bibliothèque que l'on voudrait massive, fouillie, imposante, déroutante, impossible à déménager, de celles qui vous cloue dans un endroit - si vous y tenez, et surtout avec des dessins essaimés dans ses pages, m'apprend, en outre, toujours à propos de c'te chié de p'tit con, comme le râlait le garde barrière de mon enfance et comme me prends l'envie de l'écrire à nouveau, ai-je un jour grandi, qu'il "n'est employé maintenant à aucun usage". Ne sert à rien donc. A peine si "les piquants sont employés comme épingles dans les muséums, pour les objets qui doivent être placés dans l'alcool".

Je ne le savais pas. La notice est peut-être une resucée des notices d'époque - 1841 donc -, je ne vais pas me taper toute la préface pour le faire préciser et me, vous, nous en assurer. Admettons. Qu'est-ce que ça change ? Je ne crois pas que quiconque aujourd'hui se serve du hérisson pour carder la laine - on devrait, pour un vrai tricot bio. D'ailleurs, "sa chair n'est point bonne à manger". Ça le sauve. Mais écoutez, cette idée de me retourner des pics de hérisson vers mon intérieur et m'y suspendre, moi qui suis toujours imbibé d'alcool, qui y trempe et m'y baigne... avouez !

A ma correspondante que je salue derechef, je le rappelle : je ne suis pas un hérisson après tout.

Étrange impression

Je me sens comme un hérisson
Dont la peau aurait été retournée
Vers l'intérieur et les pics affûtés.

Croyez bien qu'en dedans de moi
Je me fais tout petit, tout petit
Et que je n'ose pas bouger.

Pour l'instant, ce n'est pas trop grave
Je n'ai pas tellement de quelques parts
Où je voudrais aller.

Il y a bien un petit trou là-bas
Par lequel je pourrais envisager
De m'éclipser.

Il faudrait que je me tasse
M'allonge et serpente
Jusqu'à cette extrémité.

Une fois dehors, j'imagine
A moi la liberté
D'un coup, je me rétalerai sur la peau retournée

Baignés de soleil
Tripes, coeur, nerfs
Retrouveraient vite leurs aises.

Sauter le pas
Et me voilà délivré.

Mais s'il pleut
Dehors
Sur ma peau retournée ?

Mais s'il y danger
Dehors
Mes pics à l'intérieur affûtés ?

Mais, mais
Mais, mais
Mais, mais.

Rester là
Et me voilà bel et bien prisonnier.

Oh, cette peau et ces pics
Et moi, qui n'en ai pas, restons-en là
Car je ne suis pas un hérisson après tout.

Explosif

Tension intérieure top top

Petite boule, noyau dur

Ballote, cahote, bringueballe

Attention TNT.



Fragile

Lézardes, fissures

Gling gling

Marcher du pas du blessé

Équilibre à préserver.

mardi 22 novembre 2011

Emplâtre - note de résolution

L'évidence est là, ça pèche parfois. C'est tangible, palpable. Le pire est de se rendre compte qu'on ne fera pas mieux. Pour autant, ça existe. Faut-il tuer, faut-il abandonner, faut-il cacher ou aimer ces petits frères mal formés, aux vers arqués, aux idées frêles, aux phrases contrefaites, aux mots fragiles, aux sens abscons même, comme on se vante des autres, les beaux, les forts et bien bâtis ? Ils naissent de circonstances moins favorables, d'élans moins généreux, d'envies moins puissantes. Il faudrait les pousser, au contraire. Laissons les donc en avant, sans juger. Regardons les. Faible et pâle lumière dans l'obscurité, doigt mince et chaud qui s'aventure au creux de notre main, ils sont ceux qui nous font la grâce d'apparaître en ces moments perdus et nous réconfortent et nous encouragent. Voyons les aimables et pas trop niais. Qui sait, trouveront-ils à être adoptés ou mariés ; seront-ils sincèrement aimés ; ou bien tomberont-ils dans l'oubli, comme bien des beaux, forts et bien bâtis !

L'homme

Excitations nerveuses

Élucubrations cérébrales

Des atomes et du vide

C'est tout.

Couic

S'éteint

Mon sourire béat

A la brute épaisse

Dont les yeux brillent d'un éclat

Qui promettent une fureur de bête

Et les gros doigts

Annoncent déjà ma défaite.

Mon aimée, complainte pour un coeur brisé, poème pour coin de table ou porte palière

Quand l'été revient
Dans le ciel de mon coeur
Y résonnent les airs
Qui te disent si bien.

Mon aimée
Tu t'en es allée
Loin, si loin
Mes yeux ne suffisent plus à te voir
Il te fallait les siens.

Quand l'été revient
Je ne suis plus que pleurs
Un récipient vide, voilà mon coeur
Qui me lamente sur son sort.

Mon aimée
Tu m'as abandonné
Seul, si seul
Et ce type auprès de toi
Qui n'est rien de moi.

Quand l'été revient
Je pense à toi
Mon coeur me brûle les doigts
Je te l'envoie.

Mon aimée
Ses yeux petits sont tout étroits
Tandis que les miens si ronds si grands
Ecarquillés, émerveillés
Ne voudraient voir que toi.

Quand l'été revient
A l'été, je ne crois pas
Je ne sens que l'hiver
Depuis que tu n'es plus là.

L'été un jour reviendra
Mon aimée, je n'en doute pas
Alors mon aimée, ce ne sera plus toi
Mais elle ou elle ou encore celle-là.

dimanche 20 novembre 2011

Révolte

Comme un rodeur
L'esprit tourne et ressasse
Devant la porte ouverte sur l'inconnu
Il craint s'y engager
Affolé, use de toutes ses armes
Trouve des arguments contraires
Avertit, menace
Râle, rouspète, se fait comminatoire
Empêche, retient, tire en arrière
Ferme, ferme
Y mêle quelques charmes
Souviens-toi
Fait les plus belles promesses
Espère, crois, c'est à toi
Mais
Qu'on l'assomme, bon sang
Un bon coup de gourdin sur le nez
Qu'on le laisse gésir, pieds et poings liés
Qu'enfin débarrassé
Adviennent l'aventure et la liberté !

Mystère

Tous ces types empêchés par leurs femmes

Toutes ces filles aux bras desquelles se traînent des maris

Des chics types

Des filles formidables

Il paraît

Des promesses, du feu, de la braise

Qui s'harnachent de boulets

Quelle peur donc les effraie

Desquelles de leurs forces craignent-ils les effets

Qu'ils s'entravent et se garrottent ainsi ?

Séduction

Son ombre derrière la haie passe

Mon esprit à ses basques

Jappant, sautillant, chien fou.



J'ai eu beau siffler

A sa jolie traîne, il a disparu

La nuit, j'espère, me le rendra.

samedi 19 novembre 2011

Malédiction

La ville la nuit

Je me méfie

J'suis du genre papillon

Et les enseignes et les néons

Je me cogne, je prends des gnons

Clac ! Clac ! Clac !

Salut (7)

Aucune raison d'espérer

L'espoir n'existe pas

Mieux que ça

Cette certitude

Le pire meurt aussi

Et soyez sûrs

Quelque chose de nous lui survit.



(Ok, ok, on n'est plus toujours là pour en profiter. Mais quand même...).

Salut (6)

S'accueillir

Fraterniser avec soi

Ami, en humanité

Que bruisse le monde

D'une rumeur nouvelle.

Salut (5)

Un âge

L'impression d'avoir vécu

De ne plus pouvoir que chuter

Le parapente

Pour l'illusion.

Salut (4)

En apparence, les plis, les rides
Chaque moment dans la chair imprimé
L'intérieur n'a pas d'âge
Jeune enfant, vieux loup
Toujours même
Vif et virevoltant
Placide et sage
Neuf, entier
Immortel.

vendredi 18 novembre 2011

Jambe de bois - note de fabrication

Je ne sais que faire des mots, des phrases, des idées qui sont plus jolis que vrais. S'en accommoder ou ne pas céder à leur charme ? On mène des vies pas faciles.

(Sacré raccourci que voilà. Ceux qui avaient lu la première mouture comprendront. Même en creux, la vie pleine. Pleine à ras bord. On écope. La pratique artistique, un petit seau. Une boite de conserve, au couvercle tordu, etc.).

Sortilège

Aux visages inquiets

Lèvres crispées

Yeux tristes et cernés

Traits affligés.



Et pourtant, quel désir

Dans ces coeurs-là aussi

D'être heureux !



Où, quand, pourquoi

Ces masques mortuaires

A la figure déjà modelés ?

Salut (3)

Comme l'on met la viande à rassir

Chacun nous offre ses défauts

Pour nous attendrir.

jeudi 17 novembre 2011

Salut (2)

En voyage
Dépaysé
Bousculé
Les traits apparents
Tremblés et dédoublés
Plus loin encore
Continuer, contours brouillés
Jusqu'à effacés.

Révéler
Oublier.

Salut

Déserter la raison

S'épargner la folie

Comme on jette sa dernière clope.

lundi 14 novembre 2011

L'horlit !

L'horloge coucoute
Trouchire le silence
L'enfant sursourne
Insulfixe le cadran
Vingt-et-une heures
Au pli !

J'attendais

J'attendais qu'elle se pointe

Jamais ce n'était elle

A toutes forces tendu

Je souriais

Ma bouche était un cri.

Peu de chose

Ouverture
Sensibilité, vitesse
Impressions
Diaphragme sur le monde
Et le doigt qui presse le bouton
Ta voix.

Seul

Je n'ai pas peur
Les lumières de la ville
Les passants, je regarde
Mains dans les poches
Des têtes, des rires, des pas
Je n'ai pas peur
Planté là
Les yeux dans des yeux
Les pas dans des pas
Que de rires, toi et moi et puis moi
Je ris encore, tu vois
Avant de tourner les talons et rentrer
Le rire, mon compagnon, à mes côtés
Sans peur, ni lui ni moi.

samedi 12 novembre 2011

Qui ?

On dit les sourcils et le nez
On dit la bouche
Les dents parfois quand tu souries
On dit les yeux
Étincelants toujours, et la nuit
On dit l'ovale
On dit le visage dans ses différents traits
Qui derrière
Dans la silhouette
Dans le maintien
Dans le mouvement
Dans les manières
Dans la langue
Qui derrière
L'envie de dire
Et témoigner.

vendredi 11 novembre 2011

Les bracelets

Elle était jolie

Épluchée

Alanguie ou baguenaudant

Sur mon lit

Mais quand elle s'est levée

Qu'elle l'a quitté

Pour remettre ses bracelets

Qu'elle aimait et trouvait jolis et seyants

Ses lourds et gros bracelets

Qui lui empesaient les bras

Et tournaient sa silhouette en je ne sais quoi

C'était fini

Envolé s'était mon envie

Et pour de bon et pour la vie

Car je ne l'aimais pas.

jeudi 10 novembre 2011

Mon Ange

Comme

Tu sais être méchante parfois

Tes remarques sont des pics

Tes réflexions se font couteaux

Tes conseils deviennent haches

Et tes sourires des coins

Et tes yeux des marteaux

Et tu coupes et tranches et déchiquettes

Et tu scalpes et charcutes et décortiques

Et tu martèles et enfonces

Et l'étrange, tu vois

Ça te rend belle, crois-moi

Tu deviens humaine, mon Ange

Oh, je t'en prie

Ne t'amuse pas avec moi.

mercredi 9 novembre 2011

Note de construction

J'écris sans me soucier des mots, du rythme, du style et du sens. Tout ça me vient assez naturellement, je travaille à ce qu'il en soit ainsi. Je ne cherche ni la beauté formelle ni la pensée profonde et sûrement pas les effets. Je n'ai aucune idée de la valeur du résultat ni de sa réception par le lecteur (j'ai assez fait pour me dégager de cette sorte d'attrait-pression). Mais je trouve toujours, dans chacune de mes notes, une certaine cohérence et un peu de force intrinsèque - même dans la légèreté, ce dont je ne me doutais pas et qui m'étonne parfois tant j'en ai fini avec une tension qui voudrait s'assurer de la bonne marche - et du succès - de la chose. Reste sans doute l'ossature, les nerfs et les muscles - l'appareil digestif et la merde, qui sait - du texte lui-même.



Soit dit en passant.

Ça mord

Vague après vague

Le ressac détache la barque

L'éloigne du rivage.



Nage le pêcheur pour la récupérer

Bientôt se noie, épuisé.



Bonne pêche, dit la marée.

Tu savais ça

Dans le labyrinthe des amours

L'esseulé s'affole

Tous ces corps échauffés

Qui se frôlent et s'entrechoquent

Sachant bien qui et quoi

Mais pas lui.



Sur lui, l'espoir

Fond comme sur une proie

S'abat, pèse de tout son poids

Pèse et étouffe

Se change peu à peu que le temps passe

Désespoir

Tu n'y as vu que du feu.



Seul dans le labyrinthe et sans amour

Plus de corps, ou recouverts

Et laids, pas désirés

Le vide qui creuse un vide

Le désespoir et quelques pas

Qu'est ce que tu fous là ?



Avec patience et sans combat

Reste la tristesse

Qui n'est pas la moins bonne

Et conseillère

En tranquillité

Bah, c'est comme ça, fatalité.



Un autre jour, un autre labyrinthe

Sans espoir mais en jeu cette fois

Et le corps échauffé

Qui trouve à qui parler

L'esprit avide

A toujours été mauvais guide.

mardi 8 novembre 2011

Ariane

Elle avait une façon de tirer sur sa lèvre avec ses doigts
Je me suis dit : c'est rare ce geste-là
Mais sûrement que c'était elle la rareté
Son allure dégingandée
Ses cheveux mal coiffés
Sa tenue sans apprêt
Ses manières fatiguées
Nerveuse
Et ses yeux posés sur moi
Tandis que je cherchais ma route dans un dédale que je ne connaissais pas
Ariane, Ariane
Ne fais pas cette tête là
Pensais-je
Trouve une idée, sors nous de là
Elle tirait sur sa lèvre avec ses doigts.

Langage

Tout est langage

Tout est expression

L'arbre au bord de la route

Le souvenir d'une nuit passée

La peur du coma

Le réveil dans des bras aimés

La voix de la chanteuse

La rudesse des sentiments

Le son de la guitare, la batterie

La langueur de la vie monotone

Le petit bateau bleu et sa grande voile carrée

L'affection et le ressentiment

Des ronds et des triangles sur un fond blanc

Un rire

Chaque instant

Il est dit quelque chose à qui peut l'entendre

Et même le silence

Qui en est la page, la ponctuation et l'écrin.

dimanche 6 novembre 2011

La queue du Mickey

A bout de forces

Rien ne bouge

Impossible de faire un pas

Même intérieur.



Laisser tourner

Et les gens crier.

Le métier

Amener le mot au plus près de la chose

Constater le jeu, l'équilibre instable, la juxtaposition branlante

Fermer un oeil

Boucher une oreille

Les contours à peu près

On y entend le feu

Ça ira, pour cette fois

De quoi rester coi

En attendant mieux.



Le métier, on dit le métier ! Qu'est ce que c'est le métier ? Un tour de main peut-être, de la douceur et de la patience surtout. Le métier, c'est savoir attendre quand ça ne vient pas, savoir comprendre quand ça vient autrement, savoir reprendre ou faire autre chose, sans jamais s'inquiéter, sans désespérer ni tout envoyer valser. Des petites touches et si ça résiste trop, se retirer. Étayer, ranger les outils, se laver, aller boire un coup avec les copains.



Le métier, c'est de la confiance aussi. C'est savoir rester calme et posé quand ça vient bien, tenir la distance sans trop s'essouffler, garder l'oeil alerte et la main sure, sans se griser ni se hausser du col. S'en rassasier, en faire profiter les copains.



Le métier, c'est toujours un peu les copains.



(Il y a des livres qui sont de bons copains. Des disques aussi).

Compulsion

Déboulant dans ses yeux

Parfaite beauté

Elle avait claironné l'heure du lever

A des sens tout ébouriffés

Puis s'était aussitôt éclipsée

Les laissant désappointés

Hordes débandées

Qui, chocolat, se jettèrent sur le premier venu

Et, éclairs, le dévorèrent tout cru.

samedi 5 novembre 2011

Une côte, à vélo

La boite ouverte

Le diamant

Sauvage

Pur éclat

Comme dans bien des rêveries.



Toujours, les choses se montrent

Elles disent : on existe

Rappelle toi

N'oublie pas

Mais, alors, ne se lient pas.



Refermé le coffret

Le désir éveillé, seul

Tire encore

Crie, léger.



Quelques échos

Mais bientôt

C'est son tour

Ciao...ao...o.

Nager

Délice des mots

Déliés et dépliés

Agiles et puissants

Lancés

Les uns, les autres

Dans une course folle

L'expression.

Texte corral

Attraper les mots au lasso
Les parquer en troupeau
Sur la page.

Jeu

La fièvre

Rend le pas hésitant

La main tremblante

Et l'expression hasardeuse

Qui ne sont pas pour déplaire

Au joueur.

vendredi 4 novembre 2011

Surprise (fin)

Il fait un temps magnifique, ce matin.

jeudi 3 novembre 2011

Surprise (suite)

Quand les mots ne parviennent pas à traduire la sensation, à rendre compte du mouvement de balancier qui s'opère, peinent à préciser le lieux et l'instant, à décrire l'étreinte ou le détachement, quand les mots ne disent pas le regard, qui plus est en économie mais avec exactitude, s'en éloignent, s'éreintent, se perdent, que faire ?

Est-ce parce que la sensation n'est pas assez explicite, encore, pas mure, et que trop pressé, impatient, ou ne demande pas à être dite tout simplement ?

Passer à autre chose, n'est ce pas (ou rien, pourquoi pas. Il y a de très bons disques qui font patienter. Qui même, parfois, éclaircissent la vision) ?!

Comment fait le photographe ? Comment fait le musicien ? Comment le peintre ? Je me demande.

En attendant, dans la nuit parisienne, pluvieuse, mes fenêtres ouvertes au vent, une coccinelle à deux points (Adalia Bipunctata) est venue se poser sur mon carnet, y a fait quelques pas, a semblé le renifler, s'est immobilisée, apparemment indécise, a déployé ses ailes et s'est envolée.

Une amie me racontait un jour que lisant un passage du Zarathoustra de Nietzsche relatif à des papillons - lequel je ne sais pas, me l'avait-elle seulement précisé (oh, la connaissant, je ne sais comment elle aurait résisté au devoir de me le lire ou me le réciter, mais je ne m'en souviens pas), peut-être celui sur les papillons et les bulles de savon, peut-être un autre s'il en est, je n'ai pas lu ce texte et peu importe en vérité - lisant cela, allongée dans l'herbe de son jardin, un thé à portée de main, elle avait vu un spécimen de ces lépidoptères se poser sur son livre. Stationner un instant puis repartir. La scène survenant, affirmait-elle, dans la brèche que le texte du philosophe avait ouvert en elle. Une béance soigneusement cultivée depuis.

On sait bien le rôle du coléoptère dans l'établissement par Jung de sa théorie des synchronicités.

A moi, cette coccinelle ?

Est-elle les mots que je cherchais ?

Ou bien est-ce simplement qu'on aura du beau temps demain ?

Surprise

Elle faisait pouilleuse, la vieille

La trogne de travers, les cheveux grisous

Et perdue

Mais quand un sourire est venu lui barrer la gueule

Elle s'est trouvée être vachement belle

D'une lumière d'éclairs dans les yeux.

mardi 1 novembre 2011

A sa rencontre

Silhouette dégingandée
Blonds noués
Pleines dents
Dans les bras
Saute la joie.