mardi 31 janvier 2012

Féline

Ses pas dans mon dos

Allaient au rythme des miens

Et c'était tac tac tac tac

Avec moi le long du chemin

Mais quand je me retournais enfin

Curieux, pour voir

Une crinière de feu

Me dépassait

Vive, rapide et déjà loin.

Je ne sais pas

Dans la rue. Trottoir, pénombre. Faible lumière d'une supérette encore ouverte. La fille râle ; le garçon se défend. Elle dit : "C'est moins cher, ici. Si encore tu payais !" Il répond : "Je ne te fais pas de reproche. C'est de moins bonne qualité, je crois". Ils ont raison. Colère : la fille remet la main sur son sac à roulettes ; le gars réajuste son cabas : dépit. Ils repartent. Marchent côte à côte l'un derrière l'autre. Marmonnent, ruminent, se taisent.



Comment ça s'arrange ces histoires-là ? En rangeant les poireaux ? En cuisinant les pâtes ? En avalant le rosbif ? En cherchant la complicité ou en se laissant tranquille ? En s'excusant, en n'y accordant plus d'attention, en changeant de sujet, en ne disant plus un mot ? Une main posée sur l'épaule, un doigt effleurant une joue, des lèvres approchées d'un cou ? Un coup tiré vite fait ? Un billet de cent passé de main en main ? Une porte claquée, "Tu me fais chier, putain !"



J'aurais dû les suivre. J'aurais vu comment eux faisaient.

Ouais

Elle a dit : "Ouais" et ses yeux se sont éclairés et un sourire s'est affiché sur ses lèvres. J'essaie : "Ouais", "Ouais", "Ouais" et ça marche. Ouais.

lundi 30 janvier 2012

Où que j'aille

Les filles étaient rudement jolies
J'avais la beauté des filles en moi
Les gars étaient sacrement gentils
J'avais l'amabilité des gars en moi
Et c'était un plaisir très doux
De toujours se déplacer ainsi
Avec des filles jolies
Et des gars gentils
Partout, où que j'aille.

Ce n'était pas moi

J'avais dix ans. J'ai croisé mon grand-père, par hasard, chez des gens que je ne connaissais pas. Il était dans la cour, parlant avec eux. Lui les connaissait, et bien, j'ai l'impression. J'étais venu avec une voisine. Elle s'arrêtait là pour acheter quelques légumes. Pendant qu'elle faisait ses courses, je déambulais dans les allées du jardin. Bientôt, j'arrivais près du petit groupe discutant et dans le même instant faisais face à mon grand-père. Il me dévisageait, longtemps, perplexe. Et puis, il dit :
- "C'est incroyable ce que tu ressembles à mon petit-fils ! Si je t'avais croisé ailleurs qu'ici, je t'aurais pris pour lui. Comment t'appelles-tu ?
- Arthur, répondais-je.
- Fichtre, vous avez aussi le prénom en commun ! La ressemblance ne suffisait pas".
Il prenait ses amis à témoin. La taille, l'allure, les cheveux, les yeux, le sourire, l'air curieux ou perdu, et jusqu'aux genoux troués et raccomodés du pantalon. Son petit-fils tout craché ! Je tournais les talons et revenais sur mes pas. Sans un mot.

C'est la première fois que je raconte cette histoire-là. Mon grand-père devait oublier la scène, jamais je ne la lui rappelais. Qu'aurais-je pu lui dire puisque ce n'était pas moi ?!

dimanche 29 janvier 2012

En avant !

Ce geste de ramasser son sac à terre et se le balancer sur l'épaule

A vous laisser coi

Il n'y a qu'elle pour faire ça

Cheveux au vent et la goutte au nez

Un clin d'oeil, en avant !

Je l'aime

Oh oui, j'ai envie de jouer avec elle. L'inviter à dîner, elle refusera. L'inviter encore, demain. Après-demain. Si elle accepte, me dérober. C'était une blague, tu penses bien. Elle est si snob. Je me demande d'où ça lui vient. Pas de ses parents, ni de son enfance. Son éducation, sûrement pas. Quelle épreuve a-t-elle dû affronter pour trouver dans cette espèce de morgue un point de fuite, une couverture, un bouclier ?! Quelle faille espère-t-elle masquer ou combler ?! Je ne le saurais pas, jamais. Aucune intention de creuser, chercher à savoir. Oh, je l'aime. Évidemment. Mais quoi faire, sinon m'amuser. Si je ne pouvais m'amuser de cela, d'elle en un sens, je ne l'aimerais pas. Elle me le rend bien, pas d'inquiétude (même si ça ne justifie rien - c'est ailleurs, pas un prêté pour un rendu mais dans cet échange un peu piquant, des hérissons nous sommes, que nous nous supportons). Je ne suis pas un bourreau, je ne lui veux pas de mal. La titiller, un peu. La bouger, tremblotte. Lui ouvrir les yeux, espoir. Et puis, je m'ennuie sans doute. Je ne bois plus. Quand je buvais, mes pensées m'occupaient. Sans alcool, elles ne me suffisent plus. J'ai retrouvé du souffle, pas elles. Quelques marches, elles s'étalent. Je suis en haut des escaliers, libéré. Je l'agace. Viendras-tu dîner, ma chérie ? Je ne peux, pardonne-moi ! Tu ne changes pas. Changeras-tu un jour ? Alors, c'est d'accord. Où m'emmènes-tu ? C'était une blague.

samedi 28 janvier 2012

Je n'irai pas

La Chine, je n'y connais rien. Je ne sais pas pourquoi m'est venue cette idée, de la Chine. C'est toi qui m'en as parlé, n'est-ce pas ?! Eh bien non, je ne connais pas. Je n'irai pas. Non. Ni avec toi, ni tout seul. J'étais au Mexique la semaine dernière. Pas écrit une ligne ; pas une ligne écrite. J'ai bu. J'ai bu de la bière, j'ai bu de la tequila, j'ai bu de la bière et du whisky. Pris l'avion, et le train, et le bateau. Un peu le bateau. Des ronds, là-bas au Mexique. Très belle eau mais rien écrit. Alors la Chine, non. On m'envoie en Ouganda. Qu'est-ce que je vais faire en Ouganda, je ne sais pas ?! Qu'est ce qu'il y a à faire en Ouganda ? Il faudra que j'écrive. Je ne sais pas si je sais écrire quand il fait chaud. Et moite. Il fait chaud et moite, en Ouganda. Non ?! Alors la Chine... Je me demande ce qu'on boit en Ouganda. De la bière, je n'en doute pas. On boit de la bière partout. Mais pour écrire, la bière ne vaut rien. Je le sais. Et pourtant. Je descends au bar. "Une bière, s'il vous plaît". Je n'écris pas. Avant le Mexique, j'étais en Suède. Pas une ligne. On ne peut pas dire pourtant : faisait froid et sec. Ça m'a rien valu. Je ne sais pas écrire quand il fait froid et sec. Je quitte ma chambre, je descends au bar. "Une bière". En Suède, pas une ligne non plus. C'est embêtant. J'avance en âge. Si je n'écris pas maintenant, quand ? Non, la Chine, vraiment pas une bonne idée. D'autant que la bière chinoise... Le climat... Les Chinois... Ah oui, non. Je n'écris pas au milieu des Chinois. Je le sais. Je ne sais pas pourquoi. A mon âge pourtant, je devrais être plus détaché, savoir me concentrer, même au milieu des Chinois, même une bière chinoise devant moi, même sous un climat chinois. Eh bien, non ! La Chine, pas une ligne. Je n'irai pas.

mardi 24 janvier 2012

Fragments

Jolis cheveux tressés
Silhouette gracieuse
Dos tourné.

Une nuit d'orage, mon cerveau.

Coupé l'élan du monde
Retiré, sans mots.

Parfois une envie de rire
Et c'est tout.

Je pouvais fixer, scruter, détailler, admirer
Son regard en biais, forcé - détaché.

Yeux cerclés de noir
Crayon fin, crayon gras
Doigts agiles
Ça ne se voit pas.

Mains, yeux, cheveux
Des échanges, légers échanges
Rien de sérieux.

Des sauts
Toujours des sauts.

Sous la canarde
Tête baissée
Les cheveux brûlés.

Comme on allume un chauffe-eau.

Wouuuuf !

(Rires).

Et c'est tout.

Dos tourné
Dos tourné.

lundi 23 janvier 2012

Adieu !

D'un coup, j'ai senti que c'en était trop.

J'en avais plein le dos, je n'en pouvais plus.

J'ai décidé de m'abandonner.

Je me suis vu stopper, mettre pied à terre, me défaire de mon paquetage. J'ai reculé de quelque pas, me suis adossé à un mur.

J'ai regardé autour de moi. Il n'y avait rien de notable. Les gens allaient et venaient, pressés ou pas. Comme d'habitude. Moi, je n'étais plus là.

La sensation ne m'avait pas pris en traître : elle me travaillait depuis des jours, des semaines peut-être, depuis tout le temps si ça se trouve.

Il fallait que quelque chose lâche, et c'était moi.

Parfois, je m'étais dit : "Ah, si je pouvais atteindre ce but ; si je pouvais obtenir ce résultat ; si cette chose pouvait m'arriver ; si". Mais non : rien ne pouvait y satisfaire. La tension était extrême. J'étais la tension.

Et voilà que le noeud avait glissé. Je rompais. Je m'effondrais. Je me détendais, dispersé. Comme un ballon qui pète, des éclats de baudruche à droite, à gauche.

Ça n'avait duré qu'un très court instant mais aussitôt j'éprouvais un vif soulagement. Mon esprit ne courait plus, il ne cherchait plus en moi, ni au dehors, dans les êtres et les choses, leurs présence et mouvements, de quoi apaiser ses inquiétudes, masquer ses angoisses, prétextes à fuir ses peurs, motifs à me faire croire en la gaieté, la joie, la bonne humeur, raisons de m'attrister, de me plaindre ou chercher la souffrance. Mon esprit ne cherchait plus à me donner bonne ou mauvaise conscience. Je pouvais fermer les yeux, tâtonner et me casser la gueule. Je pouvais marcher tête haute, lever les genoux et trébucher. Tout ça me devenait égal. Que ça soit et c'était très bien. Tout était très bien désormais. A sa place, en son ordre, selon sa liberté et ses conditions. J'étais tout, je n'étais rien, égal, allez hop !

Je poussais du coude contre le mur, m'avançais et sautais dans le premier train.

Adieu ! Adieu !

samedi 21 janvier 2012

Nage, nage

Éprouver une inquiétude
Nous oblige à bouger
Dans l'eau troublée
Impossible de distinguer le fond.

(Ça doit être le but, non ?!)

Lewis Carroll

"Toutefois, voyez-vous, les mots ne signifient pas seulement ce que nous avons l'intention d'exprimer quand nous les employons… Ainsi, toute signification satisfaisante que l'on peut trouver dans mon livre, je l'accepte avec joie comme étant la signification de celui-ci. La meilleure que l'on m'ait donnée est due à une dame… qui affirme que le poème est une allégorie représentant la recherche du bonheur. Je pense que cela tient admirablement à bien des égards – en particulier pour ce qui concerne les cabines de bains : quand les gens sont las de la vie et ne peuvent trouver le bonheur ni dans les villes ni dans les livres, alors ils se ruent vers les plages, afin de voir ce que les cabines de bains pourront faire pour eux".



A propos de "La chasse au Snark". Je me suis résolu à lire "Alice au pays des merveilles". Pour l'instant, ça se passe bien. Je n'ai pas trop peur.

Big monster lover

- "Pourriez-vous cesser de venir ici ? Je suis amoureuse de vous et je ne peux pas me le permettre. Il y a mon mari, et nous voudrions avoir un enfant. Vous ne voudrez pas avoir d'enfant, n'est-ce pas ?! Dites-moi que vous ne voulez pas d'enfant, s'il vous plaît, que je n'éprouve pas de regret. Pourquoi éprouverai-je des regrets ?! Je vous en prie, cessez de venir ici. Disparaissez. Si vous avez de l'affection pour moi, si vous m'aimez un peu, disparaissez. Il y a mon mari. Je...".



Sa voix s'éteint. Son regard se voile. Sa vie.

mercredi 18 janvier 2012

Alors mais pardon

- "Alors, tu m'oublies ?

- Mais, toi-même, tu ne penses pas beaucoup à moi.

- Pardon, de nous deux, la mémoire c'était toi !"

mercredi 11 janvier 2012

Du regard (3)

Deux petites billes sautant en tous sens
Noires et lisses
Son regard
D'elle, ce que je retiens.

lundi 9 janvier 2012

Solitude intérieure

Qui pour me sauver

De ma peur

Quel ami

Oui, quel ami pour être moi ?

A la tristesse d'autrui, le peut-être salaud ne peut rien

Source de tristesse,

Oui.

Ne pas y remédier,

Non.

Un salaud.

Salaud !

Geindre ?

Non.

Dire quoi,

A qui ?

A qui ?!

Continuer,

Oui.

Comme si de rien n'était.

Je ne suis que le doigt

Ces larmes à tes yeux

Moi, tu dis

Mais je ne suis pas triste, moi

Devant toi

Oui

Présent

Oui

Mais juste le doigt

Qui s'est appuyé là

A bousculé les murs

Touché la source

Déclenché l'orage

Oui

Je ne suis que le doigt

Tout le reste, c'est toi.

samedi 7 janvier 2012

Du regard (2)

Cette inquiétude

Perçue dans ses yeux

Quand croisés

Le regard s'est posé

Calme et ferme

Sur le sien

Et immédiatement

A troué

L'image, qui n'est sure de rien

Doute jusqu'à sa propre existence.

Du regard (1)

Tristesse et joie

Douceur et folie

Calme et impatience

Dans ses yeux

Posés sur moi

Unis

Et tout au fond

Je ne perçois pas

Sait-elle, elle

Ce qui s'y voit ?

vendredi 6 janvier 2012

Oui/Non (4 - Oui oui/Non non)

Je pensais à l'amour

Allais-je le rencontrer

C'était tentant

L'amour

Est séduisant

Amoureux

C'est amusant

On ne s'ennuie pas

On a mille choses en tête

Gaies

On pense à l'autre

Son visage, ses mains

Ses mots

On pense à nous

Nos baisers, enlacés

Nos regards, attentionnés

On ne se soucie de personne

Aucun mot, pas un regard

De rien

Aucune pensée, pas un doute

J'étais partant, c'est bien vrai

Je pensais à l'amour

Si charmant

Quand je la vis

Même trottoir que moi

Démarche chaloupée

Grand pas

Blouson fermé

Tête en l'air

A siffloter

Ses yeux verts

Ses mains vives

Ses mots acidulés

L'amour

Il y a combien de temps

Pas si amusant

Ni tellement charmant

Cette fois-là, en vérité.

mercredi 4 janvier 2012

Oui/Non (3 - Oui/Non)

Moi qui comprends d'une certaine façon les scènes que je décris, pour les avoir observées ou imaginées, en tout cas visualisées, jusque dans des détails et significations qui ne transparaissent pas dans la relation que j'en fais, je me demande comment elles vous apparaissent et jusqu'à quel point vous les interprétez, jusqu'à quel point elles vous parlent, quelle consistance vous leur prêtez et quel goût vous en tirez. Comme quoi : le lecteur peut s'interroger sur le sens du texte écrit, l'auteur à son tour s'interroge sur le sens du texte lu ! (Autrement dit, les uns pensent : "Qu'est ce qu'il a voulu dire, ce con ?!" quand l'autre se demande : "(Qu')est-ce qu'ils vont comprendre, ces abrutis ?!" - J'avoue d'ailleurs ne pas toujours très bien percevoir moi-même le sens à donner à ce qui me vient à l'esprit et que je transcris et souhaiter, oui souhaiter, que le lecteur y trouve, lui, une signification quelque peu intéressante, voire même satisfaisante). Mais je pense aussi que l'interrogation suscitée, il ne sert à rien de la pousser. Il appartient à chacun de trouver ce qu'il cherche, ce dont il a besoin, ce qui se présente. Tout cela est si vaste et complexe, on en perçoit si peu les ressorts et ça échappe tellement à notre réflexion. C'est peine perdue de vouloir comprendre. Espérer que ça remue quelque chose, nourrisse des émotions, donne de l'élan, inspire, et qu'on y prenne du plaisir, voilà à quelle ambition on peut raisonnablement s'accrocher ! Il m'importe à moi de pratiquer, honorer l'idée ou l'élan, même si l'un se présente sans l'autre - et  vice-versa, pour être présent, prêt et affûté, le moment où ils s'annoncent et déboulent à deux, main dans la main, ce que sans doute on appelle l'inspiration.

Oui/Non (1 - Oui)

Ils avaient beaucoup marché côte à côte, presque à s'en toucher les épaules, et dans l'ascenseur qu'ils prirent ensuite, elle dit :

- "Je suis amoureuse de toi.

- C'est une bonne idée, je crois", répondit-il en portant sa main vers sa joue, la touchant du bout des doigts.

Ils se sourirent mais ne s'embrassèrent pas. Pas encore cette fois-là. Les portes s'ouvraient. On les attendait. Passant devant lui, elle sentit une main douce et chaleureuse s'appuyer contre son dos.

Oui/Non (2 - Non)

Que croyait-elle

Elle l'avait regardé

L'avait trouvé à son goût

Mais les regards échangés

N'avaient rien donné

Ne produiraient rien

Que le dépit

Elle fermait les yeux

S'en mordait les lèvres

Regrettait l'indécision

Et maintenant s'en détournait

A quoi bon celui-ci

Un autre apparaîtrait

Sûrement, sans doute, probablement

Mais quand ?

Et puis j'oublie

Elle était jolie
Je voulais la revoir
Je me demandais
A quoi bon
Elle ne ferait pas attention à moi.

J'y suis allé
Elle n'a pas fait attention à moi
A quoi bon
Mais elle était jolie
Et j'avais revu sa beauté.

Canon, avec variations

- Bonjour !

- Bonjour !

- Ça va ?

- Vous allez bien ?

- Oui.

- Oui.

- Bonne journée !

- Au revoir.



Le genre de dialogue qui se tient le matin dans les rues de son quartier.



Mais quelques fois :

- Bonjour !

- Bonjour !

- Bonne année !

- Tous mes voeux !

- Ça va ?

- Vous allez bien ?

Etc.

mardi 3 janvier 2012

Non (8)

L'ami d'autrefois
Disparu
Revenu
Qui est-il aujourd'hui
L'ami d'autrefois ou l'ami d'aujourd'hui ?

Non (7)

Il essayait de la charmer

L'ennui se lisait sur son visage

A peine obtint-il un sourire

Qui n'en était pas un.

lundi 2 janvier 2012

Non (6)

Je quittais la campagne

Rentrais en ville

Et dans le train qui m'emmenait

Je ne comprenais pas comment il était possible de vivre

Ainsi, loin de la terre, des arbres, des vaches et de l'eau

Dans un environnement saturé de propos

Sur tout, et finalement rien.



Je ne comprenais pas.



Il y a méprise

Je suis prêt à le jurer.

Non (5)

Et toi qui

Dans l'obscurité de la chambre

Après une pomme croquée, m'embrassais

Goûtais-tu tes lèvres sucrées et salées ?

Non (4)

Et toi qui

Était mon rêve

Si vrai que l'empreinte de ta bouche

Sais-tu, m'est restée bien après le lever ?

Non (3)

Et le chien qui

Ronfle, couché

Confiant à mes pieds

Sait-il que je vais le trahir ?

Non (2)

Et l'ours qui
Tombe, hagard
Pleure-t-il en son coeur
Sur sa triste condition ?

Non

Et les oiseaux qui

D'un trait

Traversent le ciel

Savent-ils que l'on fête le nouvel an ?