vendredi 30 mars 2012

Sometimes

Mon excellent ami Bustin Garin, qui longtemps vécut dans les provinces anglophones du Canada et, de fait, connaît parfaitement les us et coutumes des habitants du coin de là-bas, me fait le commentaire suivant :

"Wal Mart, it's'far".
It's what he said.
Something else to say ?
The weather was beautiful. Again.

Je trouve que ça ne manque pas de bon sens. C'est même plein de poésie.

mercredi 28 mars 2012

Parfois

"Carrefour, c'est loin".

C'est ce qu'il disait.

Y'avait-il autre chose à dire ?

Il faisait beau. Encore.

mardi 27 mars 2012

Dans la toundra

L'hiver à Vladivostok, je vous promets, c'est rude. La neige, la glace, à perte de. Et le froid, à ne pas mettre un doigt. Quand le vent, n'y pensez pas.



De langue, on n'a pas. D'idées, de pensées, stalagmitites.



Évidemment, les connexions internet là-bas.



J'essaierai de me rattraper. En avril, je ne m'engage à rien. Mais si le dégel, j'arrive à tirer le fil, nous découvrir, je ne me gênerai pas.



Bises.

samedi 17 mars 2012

Charmes

C'est le train. Le train, c'est chouette. Le train, c'est des souvenirs d'enfance, quand on allait en vacances à Vladivostok. Ça, c'était du voyage. On partait un matin, on arrivait une semaine après. Et pendant cette semaine, on habitait un compartiment du train, on vivait dans le train. Bien sûr, il arrivait qu'on en sorte, qu'on le quitte même, pour aller d'une gare à une autre, à Paris, Berlin ou Moscou. Ou simplement pour se dégourdir les jambes, pour renouveler nos provisions. Qu'est ce qu'on a aimé ces longs voyages, chaque été répétés, des années durant, mes frères et soeurs et moi ! Et puis, après Vladivostok, ce furent Istanbul, Ankara et Tabriz ou Ispahan. Diable, on avait de la chance !



On avait d'autant plus de chance qu'au cours de tous ces voyages en train, si bien des fois nous passâmes des jours en compagnie de paysans ou d'ouvriers avinés, tantôt lyriques, tantôt véhéments, de vieilles, et moins vieilles, femmes édentées qui baragouinaient on ne comprenait quoi, un poulet dans leur sac, de jeunes intellectuels qui se prenaient pour des voyageurs au long cours, barbes hirsutes et cheveux gras, chemises débraillées et pantalons élimés, et combien d'autres encore personnages originaux, ou pas, mais pour nous, enfants, toujours extraordinaires, jamais, jamais, nous n'allâmes assis à côté d'un type occupé tout le trajet à engloutir des hamburgers dégoulinant de sauce, regarder "Kaamelott" sur le petit écran de sa tablette tactile et pouffer, pouffer, un bout de steak retombant dans sa serviette, une feuille de salade coincée entre les dents.

samedi 10 mars 2012

Les apparences

Pierre avait deux ans quand sa mère l'abandonna.

Il en a aujourd'hui trente-huit et elle n'est pas revenue.

De toute façon, il n'y a jamais cru.



Il ne sait rien d'elle.

Son père s'est toujours refusé à en parler.

Il en aurait dit du mal, peut-être.

Aurait exprimé des regrets, de l'amertume, sans doute.

Se serait montré triste, certainement.

Son père non plus n'y croyait pas.



Elle y croyait, elle, pourtant. Elle en était certaine même, qu'elle reviendrait. C'était juste un moment nécessaire, utile. Mais : elle s'est heurtée à leur incrédulité. Elle ne reviendra pas ! Elle ne reviendra plus ! Elle ne reviendra jamais ! Motif que la vie pour les complaire dans leur abandon s'est chargée de dessiner.



Ah, s'ils y avaient cru, elle aurait pu ne pas revenir. Ouais, elle ne serait pas revenue, et de son propre fait.

jeudi 1 mars 2012

Des inclinations partagées, trop peut-être

Il a deux guitares qu'il emploie particulièrement. Je lui en sais d'autres mais elles ont du être remisées au profit de celles-là.

L'une a des sonorités rondes, pleines, suaves. Il s'en sert pour jouer à la manouche. Il développe une technicité qui file désormais vers la virtuosité mais il n'a pas encore appris à se méfier des rives de l'Epate. Qu'il découvre l'Epure et y navigue un temps grandirait maintenant son jeu.

L'autre claque. Elle dézingue. Elle sonne sèchement, aigre, aiguë, cristalline, pique, fouette, balaie. Les rifs lui siéent. Il en use.

Il écoute les Rolling Stones, Red Hot Chili Peppers, Radiohead, Jacques Brel ou Daniel Balavoine, Bach aussi parfois. Il chante sur "Ces gens-là". Les paroles de "C'est mon fils ma bataille" lui sont parfaitement connues. Sa voix ne tombe pas toujours juste, il arrive même qu'elle déraille. Son pied s'invite parfois, qui martèle le tempo.

C'est mon voisin. En matière de musique, je le connais comme s'il habitait chez moi.