mercredi 26 septembre 2012

Foule

Hier soir, c'était une des pâtes de mon repas qui m'appelait.
Je ne l'ai pas entendue.
A mon réveil, elle et ses comparses gisaient inanimées dans une boite sans couvercle oubliées oubliée oublié, les pâtes, la boite et le couvercle.

(Coquillettes flambées au whisky, puis arrosées d'une léchouillette de sirop de framboise. Sans gruyère, ça va de soi. S'accompagne volontiers d'une sardine légèrement grillée et pain beurré).

mardi 25 septembre 2012

Jamais seul

J'avais dîné d'une boite de conserve : petits pois extra-fins. Il m'avait toujours semblé que ces légumes accompagnaient le camembert à merveille. Ou l'inverse.

La boite était grande, il m'en était resté une belle quantité qu'à la fin du repas j'avais transvasée dans une autre boite, en plastique celle-là, à couvercle celle-là, parfaite pour réchauffer son contenu dans un micro-ondes celle-la, et celle-la, je l'avais laissée ouverte sur la table en attendant que son contenu encore chaud refroidisse.

Et j'avais fait autre chose.

J'avais fait autre chose jusqu'à oublier l'existence de ma boite en plastique de petits pois désormais refroidis mais toujours ouverte et laissée sur la table.

Et je m'étais couché.

Je m'étais couché et j'étais sur le point de sombrer dans le sommeil, évacuant une à une mes préoccupations de la journée, remisant de côté mes envies inassouvies, cherchant au loin de quoi peupler mes rêves de la nuit quand j'entendis qu'on m'appelait. On ne m'appelait pas, quelque chose attirait mon attention, secouait mon esprit. Je me levais d'un bond, passais dans la cuisine, fermais la boite en plastique de son couvercle et rangeais boite, couvercle et petits pois dans le réfrigérateur.

Dans la nuit qui s'annonçait noire et froide, sur mon grabat dur et étroit, un cri perçu de ma seule conscience et lancé par une communauté de petit pois, ou peut-être par un seul de cette société-là, et pourquoi pas le plus petit, le plus laid, le plus froid, me l'avait appris : jamais seul nous n'étions.

jeudi 20 septembre 2012

Cette envie

C'est beau la musique.
J'avais compris ça depuis longtemps. Je me demandais, comment faire quand on ne sait jouer d'aucun instrument, qu'on n'a pas de voix ou fausse ? Restituer de cette émotion, qui donne foi en la vie.
Car c'est de cela dont il s'agit.
Chacun son chemin : se tenir droit, élégant et sourire. Dire merci, cligner de l'oeil, écrire.
On n'a pas tous une guitare mais, tous, nous sommes une musique.

jeudi 6 septembre 2012

De saison

La vie parfois est comme un ouragan qui passe. Le mieux qu'on puisse faire, c'est calfeutrer portes et fenêtres et se tenir peinard jusqu'à ce que le vent tombe. Il arrive pourtant que le souffle violent se mette à faire trembler les tuiles sur le toit. Il arrive qu'il parvienne à les arracher. Rien ne sert de s'y cramponner pour tenter de les garder amarrées. On y perdrait les doigts.

Quand la pluie s'évanouit et que le soleil revient, on peut constater les dégâts.

Il se peut que bien des choses aient disparu dans la tempête et on est toujours là. Il se peut aussi qu'on se trouve rincé, lavé, mais déjà plein d'élan, prêt à repartir.

Je crois bien que l'ouragan s'abat sur pas mal de têtes en ce moment.