samedi 23 février 2013

On en apprend tous les jours

Le père : prends un livre.

Le fils : j'ai déjà tout lu.

Le père : t'as déjà tout lu ?!

Le fils : ouais.

Le père (il tire un ouvrage de la bibliothèque) : tu l'as lu, ça ? "Le comte de Monte-Cristo", c'est vachement bien.

Le fils : non mais je l'ai vu dans les Simpson.

Le père : ...



(Plus tard, le père interroge son fils. Le fils explique : c'est l'histoire d'un type, il est riche. Il est riche et il a une femme, très jolie. Il y a un autre type, celui-là n'a qu'une porte - le père ne manque pas d'être surpris et de relever l'expression, n'avoir qu'une porte, il n'arrivera pas à bien comprendre de quoi il s'agit - celui-là n'a donc qu'une porte, est jaloux, écrit une lettre comme quoi l'autre, le premier, n'est pas patriote, travaille pour les anglais - ensuite on se perd dans les limbes des explications, le père rigole, incapable de m'en dire plus, reprend une gorgée de bière, rigole, les Simpson. Les Simpson).

vendredi 15 février 2013

Quand j'avais perdu jusqu'à l'idée d'avoir un nom (4)

Je me suis rendu compte ce matin que je n'avais pas, hier, mis de thé dans le filtre de la théière.
Qu'elle soit culottée et exhale quoi qu'il arrive, dès qu'on y verse de l'eau, je veux bien le croire. On m'avait dit de ne pas trop la récurer, que la matière joue son rôle, apporte sa touche, participe à sa façon.
Mais que je ne me sois rendu compte de rien, à boire de l'eau chaude, me laisse pensif.
Et pourtant, c'est bien ça : il n'y a ce matin dans le filtre aucune feuille de rien, aucun zeste de rien, aucune pincée de rien, pas une trace. Seul le filtre dans ce qu'il reste d'eau non bue.

On se croit attentif au monde, observateur d'un petit pois qui reste ici esseulé sur la gazinière dans sa boite en plastique thermoformée, d'une mèche de cheveux qui court là sur des épaules fragiles passant à grands pas, d'un chiot tout mignon tout chaud qui tire sur sa laisse, jappant de fifille à mémère, de pensées éphémères qui trainent dans un ciel d'esprit embrumé où, quoiqu'on en dise, peine à souffler le vent du large, fort, rapide et puissant, on se croit propre à décrire, rapporter, témoigner, conseiller, ordonner même, on se croit et voilà, on oublie le thé.

Rien à faire, on ne vaudra jamais mieux que ça.

jeudi 14 février 2013

Quand j'avais perdu jusqu'à l'idée d'avoir un nom (2)

Après trois jours d'esseulement et de folie

Me voilà reparti dans le grand monde

C'en est une histoire que la guerre !

Quand j'avais perdu jusqu'à l'idée d'avoir un nom (3)

Une jeune fille avec un chiot

Une grand-mère gaga

Oh ! Ah ! Uh ! Eh ! Hi !

Quand j'avais perdu jusqu'à l'idée d'avoir un nom

On veut être acteur

Tenir le premier rôle

Sur scène briller, émouvant et drôle

Etre aimé, loué, attirer, diable de bretteur

Quand c'est fondu dans le décor

Qu'on y voit roder et jouer le bonheur.

mardi 5 février 2013

Sun Tzu (3)

J'avais trop bu. La veille avait laissé des traces. Je passais devant ma fenêtre très sérieux car, dans l'immeuble d'en face, une jolie voisine était à la sienne, une tasse à la main qu'elle portait à ses lèvres. J'avais trop bu, je passais très sérieux, mon pull bouchonné sur les épaules, mis à l'envers, le col en V dans le dos.

Sun Tzu (2)

Si j'en crois les infos régionales, pour éviter que les gosses attrapent la grippe :

- les nourrir exclusivement à base d'oranges (apports en vitamine C),

- les faire dormir dans le frigo (ça tue les virus),

- ne pas les emmener au supermarché (?).

vendredi 1 février 2013

Sun Tzu

Ce n'était qu'une petite mèche rebelle

Qui pourtant valut une grande bataille de doigts

Et à la fin triompha.