mardi 30 avril 2013

L'enfant

Sa patinette à la main, l'enfant traîne sur le trottoir, loin en arrière de sa mère. Celle-ci se retourne, l'appelle, l'encourage, s'agace, se fâche. Rien n'y fait. Il ne bouge pas d'un pouce, la regarde benoîtement.



Elle poursuit : "Viens maintenant ! Dépêche-toi ! Allez !". Jure : "Bon sang !". Tourne en rond. Ni la carotte, ni le bâton.



Puis, trouve : "Allez, un, deux et trois, partez !". L'enfant s'élance. La patinette gravit la légère pente.



Comme les chats, les enfants, s'ils ne vous ignorent pas, sont incapables de ne pas jouer.

Accompagner le mouvement dans sa direction

Il y avait là, entre ces murs, une telle énergie, et qu'on ne savait pas utiliser, qu'elle en devenait déplaisante et désagréable, et que les murs s'effritaient, de l'intérieur, ébranlés à leur base, bousculés dans leur élan. Noeuds et tensions brisaient le mouvement. Rien de mauvais pourtant, de l'incompréhension, manque de patience, craintes, seulement. Parfois, une idée cependant, propre à éclairer. Des sons, une parole, un rythme. Et la danse, et le discours, et les plans.



Tout refaire, depuis les fondations. Il y a là, entre ces murs qu'on abat, une telle énergie. Et autant d'envie.

lundi 29 avril 2013

Le jour d'après


Le jour d'après, les cheveux sont-ils toujours noués ? Ont-ils été renoués ? Le pas est-il toujours aussi rapide ? Ou bien hésite-t-il, les yeux levés ?

MB









Le travail de Marcel Breuer (1902 - 1981) est exposé à la Cité de l'architecture et du patrimoine.
Des cheveux noués arpentent les allées. A pas rapides et enlevés.

jeudi 25 avril 2013

G

En terrasse, à la maison, la soirée avait été de bières, whisky et vins. Les discussions avaient roulé, souvenirs, état des lieux, projets. Le temps avait filé, tout étiré. Il avait fini par s'assoupir, sa chaise reculée, le dos appuyé à un très joli buffet. Je me souviens l'avoir ensuite quitté dans la nuit noire, on s'est fait coucou de la main, balancé par delà la chaussée un dernier mot et puis au revoir, à bientôt. Sa grande silhouette dégingandée a tourné à l'angle de la rue. Probablement qu'il s'était allumé une clope et marchait d'un bon pas.

mercredi 24 avril 2013

L'inconnu

L'oeil clair et le regard vif, la barbe drue, c'est ainsi que je l'ai vu.

D'autres auraient noté qu'il était chauve ; son costume sombre ; qui sait, une odeur peut-être ; ou un bruit, une parole, un mot.



Et tous, nous l'aurions oublié. Un autre aurait pris sa place. Et un autre et un autre.

mardi 23 avril 2013

L'enfant

L'enfant rigolait, rigolait.
Il attrapait son verre de menthe à l'eau à pleines mains, se le carrait à la bouche et buvait à grands traits.
Descendu de quelques gorgées, le verre venait frapper le bois de la table. Bam !

L'enfant rigolait.
Le tour de sa bouche avait pris la couleur verte.
C'était un cercle vert qui s'ouvrait et des rires en fusaient, qui ne s'arrêtaient que le temps d'avaler et déglutir.
Il avait joué, couru, crié, dehors, au soleil, avec ses copains et l'heure de se rafraîchir était arrivée, dans le même élan.

L'enfant avait les mains très rouges.
Ça, je ne sais pas pourquoi.

lundi 22 avril 2013

Le mari

Un couple, la soixantaine. Bien mis. Devant la vitrine d'un magasin de vêtements. Ils regardaient, s'apprêtent à reprendre leur marche. L'homme s'en va. La femme dit :
- "Regarde celle-là ! Elle est jolie. N'est-ce pas ?"
L'homme marque le pas, se tourne à moitié (au tiers, au quart, à peine) et répond :
- "Oui".

Il n'a rien vu. Il s'en fout. Tout à son idée d'aller. Avec elle, malgré elle qui, peut-être, le freine, à chaque vitrine.

Autrefois, il serait revenu en arrière. Il se serait penché, il aurait regardé. Détaillé. Il aurait donné son avis. Un avis. Et puis ensemble, bras sous le bras, ou épaule contre épaule, complices, liés, ils auraient filé.

C'était avant. Quand l'attention se portait de l'un à l'autre, quand l'attention, quand l'autre, quand rien d'autre.

Mais maintenant, il n'attend plus. La surprise est passée.

samedi 13 avril 2013

C'était où ?






(Charlie le chat se cache dans ces clichés, chauras-tu le rechrouver ?)

C'était quand ?



La terre n'est pas une poubele - tribut à l'enfance (3)

La polution ne résoud rien - tribut à l'enfance (2)

Polluer ne saire à rien - tribut à l'enfance

En cet instant

Chaque moment est un moment de soi.

Il a de multiples dimensions et s'étend, vaste bien que partiellement - petitement - perçu. Aucune autre personne ne peut y entrer.

Tout ce qu'aucune autre personne croira jamais en percevoir ne sera que son moment de soi à elle,

Vécu comme une projection, ou avec empathie.

Ainsi va, cote à cote.

Mais ce qu'il est possible, c'est reconnaître et comprendre (dans leurs dimensions) ces moments conjoints (ou solitaire),

En saisir les connexions (ou directions),

Et en tirer la proposition d'une création commune (ou individuelle).



Connaître (sentir, voir), comprendre (saisir, accueillir, accepter) et créer (inventer, amplifier).



Pas de but à rechercher, des moyens à mettre en oeuvre.



La conscience un jour capte quelque chose du monde qui la sollicite et c'est l'appétit de vivre qui se révèle.



A chacun d'en faire ce qu'il peut.