jeudi 26 juin 2014

Soldes

Dans l'escalator, essouflé : "Il parait que les hommes rendent la vie infernale aux femmes. Mais c'est pas vrai !" Et, le doigt levé, de citer sa femme : "Je suis chez GAP, viens vite !".

mardi 24 juin 2014

Surprise

Considérer la Coupe du monde comme une erreur judiciaire
S'étonnait une voix dans ma tête
Les mains sur ses hanches.

samedi 21 juin 2014

Tout pourrait coller pile-poil, et puis non

Elle lui parle de je ne sais quoi, je n'entends pas. En tout cas, c'est un reproche qu'elle lui fait. Il se défend. "Tu étais sous la douche, je n'ai pas voulu te déranger", dit-il. "C'est la troisième fois", reprend-elle. Il hausse les épaules.

Plus tard, elle se fait plus véhémente et ses mains accompagnent sa critique :
- "Ça pèse super lourd dessus. La tringle, elle est toute pliée. Et toi, tu regardes ça et tu restes les bras croisés. Comme si ça allait se régler tout seul.
- Mais toi aussi, tu les aimes ces rideaux.
- Pfff.
- Je vais mettre une plus grosse tringle.
- Ah ouais ?! Tu crois que ça existe ?!
- Surement.
- T'as fait des recherches, peut-être ?!"
Je le sens désemparé. Elle plaque ses mains sur son visage et souffle.

Ensuite, il sera question d'une session qu'il avait encore fermée et c'est à croire qu'il le faisait exprès.

Jeunes, le gars avait l'allure plutôt charmante mais la nana ne l'était pas du tout. La vingtaine passée, elle donnait encore l'impression d'une enfant mal dégrossie. Qu'est-ce qui les tenait ? Je me le demandais. Il y avait derrière le gars une fille plutot jolie. Sans doute était-elle célibataire et cherchait un compagnon.

Alors ?!

lundi 9 juin 2014

VP3


Il y avait là plusieurs milliers, dizaines de milliers, de photographies. Elles avaient été balancées en tas sur quelques mètres carrés de plancher. On pouvait se plonger dedans. On pouvait fouiller. On pouvait chercher et trouver. On pouvait chercher et ne rien trouver. On y passait du temps. (Ou très peu, selon qu'on était curieux ou pas, intéressé ou pas, chanceux ou pas, satisfait et rapidement comblé ou pas...). Je suis resté plus d'une heure. J'ai brassé, épluché, des dizaines ou des centaines de photographies, des photographies populaires, portraits, paysages, lieux de vie, anonymes pour moi, familiers pour leurs auteurs, mon regard se perdait, mon regard s'habituait, mon regard s'éduquait à voir, à chercher, voir et chercher ce qui m'intéressait, et je laissais avec plus de facilité, mon jugement était sûr, mon jugement était hésitant, mon jugement s'affirmait, et je rejetais sans aucun doute, et je retenais avec la même certitude, et si j'ai raté la photo d'un homme accolé au bastingage d'un paquebot, l'écume des flots brassés dans son sillage, c'est bien tout mon seul regret car des six photos que j'ai ramenées, pas une ne me déplaît. Certes, dans l'expérience pseudo à artistique qui se jouait là, selon le désir de son concepteur, j'ai laissé un peu de sous (car le salaud ne se mouchait ni du pied ni du coude, comme elle me l'a fait remarquer), mais de mon temps, je n'ai rien perdu. J'en ai même pris du bon.

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