lundi 29 septembre 2014

Je ne te comprends pas

Où étions-nous, je ne me souviens plus
La jungle nous entourait et le brouillard était descendu
On n'y voyait pas à trois pas
Pourtant tu avançais avec assurance
Tu te frayais un chemin entre les lianes, par dessus les trous d'eau
Tu sautais les arbres morts et évitais les branches basses
Comme si tu connaissais ces lieux depuis toujours
Et tu riais. Tu riais
Quand je n'en menais pas large
J'aurais voulu aller comme ton rire, et j'étais retenu par le froc, et mes chaussures collaient et s'engluaient, et ma tête butait et cognait, et mes bras étaient empêchés et griffés
Bon Dieu, ce rire dans cette jungle qui...
Me glaçaient le sang
Me rendaient fou
Me faisaient perdre la tête
On n'y voyait pas à trois pas, je ne savais pas où j'allais
Seule ta voix
Devant moi
Pour me guider me perdait
Et tu riais, tu riais
Décidément, je ne te comprends pas.

mercredi 24 septembre 2014

Ou

S'émouvoir en compagnie.

Heureux soit qui y pense

Se réjouir
De la capacité qu'à l'autre
A vivre sans nous.
Mettre un peu de cul là-dedans.
Bon courage !

mardi 23 septembre 2014

Pas de porno pour les lève-tôt

Elle me tripotait les couilles tandis que je faisais ma prière
Son ventre plat collé à mon dos
Sa langue sur mon oreille
Nous étions à genoux dans la sacristie
Et le réveil a sonné.

mercredi 10 septembre 2014

vendredi 5 septembre 2014

Tout va bien, je suis crevé

Je suis sujet aux insomnies.
Elles ne me dérangent pas.
Je me réveille dans la nuit, après quelques heures d'un premier sommeil. Un bruit, un mouvement, un rêve auront suffi.
Je ne suis pas du genre à allumer la lumière, me lever, passer une robe de chambre, arpenter mon appartement de long en large, attraper un livre, avaler un verre d'eau. Encore moins fumer ou boire. Ni non plus observer la rue à travers un rideau écarté, regarder la télé ou m'installer devant un ordinateur.
Non, je ne bouge pas, je ne fais rien. Je fais encore plus rien que quand je dors. Je garde même les yeux fermés. Je ne pense pas et, si je pense, ça m'est égal. Je suis attentif. Alors s'ouvre devant moi un monde aux espaces sans fin.
Il s'étend du chat qui miaule dans la cour jusqu'au tic tac du réveil, de la petite démangeaison qui me titille au bras à l'odeur de la terre arrosée par la pluie. Il va de l'absence de tout jusqu'à son emplissement total par un rien. Il est large, long, profond et j'y suis non pas au centre mais partout, en chacune de ses parties qui m'alertent de leur moindre mouvement.
Là, je repose serein et tranquille, vague et détendu, alerte et réceptif, et au dehors passent les heures qui font vos nuits.
Qu'un jour un médecin, alerté par mon air fatigué, ma pâleur, mes cernes, mes vertiges et nausées, mes trous de mémoire et mes confusions, décide de se pencher sur mon cas et prenne en main de me remettre sur pieds en commençant bon sang de bois ! par me faire retrouver un sommeil de plomb et j'en serais navré.
Tout va bien, je suis crevé.

mercredi 3 septembre 2014

Fin de soirée


Tragique. Deux talons brisés, des bottes abandonnées, un t-shirt déchiré et une culotte tire-bouchonnée. Sans parler de la bouteille éclatée et du champagne répandu mais c'était plus loin. 

Et l'on voyait un grand manteau hésiter de droite et de gauche, rebondir contre un mur pour revenir appuyer une manche contre l'épaule du grand échalas qui, parfois, tentait de le retenir par un pan.

Et l'on voyait des pieds aux plantes noires marteler le pavé sans penser au caillou et à la douleur.

Mais de la jupe, on ne sait rien.
Rien.