mercredi 27 janvier 2016

On n'a pas fini de danser

Il faudrait voyager. Pour voir. Découvrir, comprendre. Observer, se rendre compte.
D'abord, on n'est pas au centre, et les autres vivent très bien sans nous. Sans même penser qu'on puisse exister.
Ensuite, on ne peut être ici et là-bas. Et si l'on est là-bas, ce qui se passe ici nous échappe. Il faut choisir, et délaisser. Embrasser, et quitter.
C'est banal, évident. Mais pourtant. L'avoir dans un coin de la tête. Changer notre point de vue, et le regard.

Une présence avant tout, en un point unique.
Mais en ce point unique, tellement.
Petite chose, à la conscience gigantesque.

Hier, dans le train, je photographiais ce bâtiment. Mais aujourd'hui que je suis ailleurs, il n'existe pas pour moi sinon dans ma mémoire et sur cette prise de vue (un souvenir). Dommage pour les ingénieurs et les ouvriers, une sorte de bras d'honneur.

A cet instant, ce qui existe pour moi, c'est cette musique que j'ai dans les oreilles, ce clavier sur lequel je tape ce texte, cet écran sur lequel je contrôle la frappe et mon récit, quelques passants en bas, dans la rue, quand je tourne la tête, si je tourne la tête et ne ferme pas les yeux. Le reste du monde n'est que fragments à mon esprit, souvenirs, imagination, reformulation, ni chair ni béton.

Chaque instant, se considérer comme une attention. L'attention n'a pas de lieu ni de temps. Elle est ce qui est et n'est pas ce qui n'est pas. Tout existe en elle et rien n'existe en dehors d'elle.

L'autre jour, nous dansions. Nous riions, nous suions. Nous étions tout à nos pas et mouvements. Nous étions tout à la musique, tout à nous et tout aux autres alentours, immédiats alentours. Nous étions tout au sol sautillant, nous étions tout à l'air vibrant. Nous étions tout à nos cigarettes quand nous fumions et tout à nos bières quand nous buvions. Nous étions pleinement conscients, on ne pouvait être plus vivant.

Ah, Dieu merci, on n'a pas fini de danser !


mardi 26 janvier 2016

Ces affaires, ces contentements

C'est une de mes nouvelles envies. Nouvelle, pas tant que ça. Un prolongement naturel d'une passion (d'un loisir) déjà ancienne : la photographie. Depuis belle lurette, je suis revenu à l'argentique. Je fais développer mes négatifs et tirer mes photos dans une boutique professionnelle. Mais.

L'envie m'était là, qui m'est revenue.

Je me souviens : c'était avec mon copain Lionel. Nous tirions dans la salle de bain de ses parents. Plonger dans le noir. Régler la hauteur. Faire la mise au point. Caler le papier. Éclairer. Éteindre. Tremper la feuille. Trois bains : révélateur, arrêt, fixateur. Rincer. Et l'image d'apparaître et se former. Et les teintes de foncer et se figer. Recommencer parce que le résultat n'était pas tout à fait à notre goût. Recommencer encore parce qu'on peut mieux faire, non ?! J'en suis sûr, oui. Et se satisfaire, éprouver ce contentement lié à l'action, de la conception à la mise en oeuvre, de l'idée qu'on se fait à sa réalisation.

J'ai mis la main sur un agrandisseur. Acheté des produits. Déniché du papier. Organisé mon atelier. Le plateau, les trois bacs. La lumière rouge fonctionnelle, le compte-pose mental (c'est mon nez : pas d'appareil, 1...2...3...4...5, tout au pif. Pareil dans les produits : je trempe, je retire. Je trempe. Mouais. Je retire...).

Passé trois heures de rang l'autre soir, enfermé dans la pièce, les volets cloués. Des tentatives et des tentatives. Trop pâles, trop foncées. Mal cadrées. Mise au point à refaire. Diaphragme à fermer. De l'artisanat. Tout ce que j'aime. Je commence à bien me connaître : concevoir, l'imaginaire et l'intellect, mettre en oeuvre, les yeux et les mains. Buter sur des difficultés, trouver des solutions. Tâtonner. Mais faire. M'imprégner, m'activer. De l'extérieur à moi et de moi vers l'extérieur. Une éponge, un tampon.

Toutes ces affaires qui sont autant de contentements.


Négatifs couleurs, chimie noir et blanc, papier périmé :





jeudi 21 janvier 2016

Ce goût, cette joie

Je vois une photo de cet homme, âgé, une plante en pot entre les mains.
C'est une orchidée, je crois. Quelque chose comme ça.
J'en ai chez moi. Près de la fenêtre, c'est là qu'elles sont le mieux.
Elles fleurissent, je les taille, poussent, arrose, font des feuilles et de nouvelles fleurs, soigne avec intérêt et bienveillance.
J'ai également une plante tombante et une autre grimpante ; des cactées ; des plantes grasses ; et un début d'arbre.
Un souci, des contentements.
Je vois, je me demande.
Pourquoi ?

Pourquoi entretient-on des plantes
Sinon parce que nous sommes poètes.

mardi 19 janvier 2016

Boite ou savon

"Hier, tu t'es pris une cuite au point de ne plus pouvoir articuler, t'étonnes pas aujourd'hui d'avoir l'impression d'être comme une grosse algue au fond de la mer".

Bon Dieu, elle a raison !

Fève ou couronne

C'est le partage de la galette. Elle n'a pas eu la fève. Elle dit :

" En revanche, celui qui a la couronne est le roi.
J'ai la couronne ; tu ne l'as pas.
Au revoir de mon trône !"

Et je me lève, c'est si bien dit.

jeudi 7 janvier 2016

Pampa


(Contax 139, Carl Zeiss 50mm, Agfa Vista Plus 200)

Requin


(Mamiya M645, Fuji 160NS)

Petite Ceinture



(Mamiya M645, Fuji 160NS)

Yeux




(Contax 139, Carl Zeiss 50mm, Agfa Vista Plus 200)

Salle de bain





(Mamiya M645, Fuji 160NS)